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Déficit, oui mais de quoi ?

Publié le par L'ours

La grosse trouillle. Ils fouettent, ils ont les jetons, les flubes, les foies. Déficits partout, ce peuple est vraiment un indécrottable creuseur de trous, avec sa manie de réclamer des allocations familiales, des allocations chômage, des remboursements de soins de santé, qui insiste pour que l'école soit gratuite, que l'hôpital soit accueillant et performant, ouvert à tous et peu onéreux, sans discrimination, tout autant qu'un enseignement universitaire. Le peuple est une salope dispendieuse.
Dette abyssale. 1500 milliards, une paille. L'Etat n'en peut plus du coût de son fonctionnement. On a beau ne pas remplacer, restent des fonctionnaires, race honnie, tantôt taxée de fainéantise, tantôt d'incompétence, toujours trop onéreuse. Le fonctionnaire, jadis rond de cuir raillé par Courteline, endosse la panoplie de mouton noir du salarié français.
"L'Etat ne peut pas tout" serine l'apôtre libéral récitant son évangile selon saint Fric.
Non. L'Etat ne peut pas tout. Surtout quand l'Etat ne veut pas. Surtout quand l'Etat se sent missionné par l'essor de l'entreprise privée. L'Etat, nous dit-on, est impécunieux. Traduit dans le langage de Nick the First : les caisses sont vides.
Les caisses sont vides et depuis que l'Etat emprunte et accessoirement ne règle pas toujours ses fournisseurs ni la totalité de sa contribution sociale, ni ne reverse aux régions les dotations promises pour les tâches nouvelles qu'il leur a déléguées, ça commence à se voir.

 

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Les marchands de soussous commencent à en avoir marre de ce mac à qui ils prêtent depuis perpète et qui ne rembourse pas. La michetonneuse n'abat pas assez ou quoi ? La michetonneuse, vous l'aurez compris, pour la voir, inutile de vous précipiter sur le dernier numéro de Paris Match, allez dans la salle de bains, fixez le miroir, elle vous regardera dans les yeux. Le mac, lui, veut garder son standinge. Son costard Smalto, ses pompes, ses baguouzes, son train de vie. Il compte aussi pour ses vieux jours, quand ses enfants auront repris la boutique du macadam. Son intérêt, c'est pas que la gagneuse évolue dans la soie et le serein. Ça l'amollirait, elle aurait des prétentions. Mieux vaut qu'elle taffe avec la peur au ventre. Avec l'épée de Damoclès au dessus de la cafetière. Qu'elle rapporte si elle ne veut pas dérouiller. Qu'elle dérouille si elle ne veut pas écoper, et qu'elle écope si elle ne veut pas prendre plus cher. Elle aura les gnons, de toutes façons, autant modérer les enthousiasmes, qu'elle se dit, pragmatique. Elle turbine et elle allonge.
Le mac, ça fait un bail qu'il n'a pas touché au boulot. Il avait quelques petites activités, quelques bijoux de famille. L'a tout fourgué. Bradé pour obliger des aminches. Ça lui fait de l'influence, il se sent le roi du bitume. La gagneuse est là pour assurer les dépenses du ménage, Monsieur peut régner pèpère. Si jamais il lui prenait l'envie de raccrocher les bicolores en croco, se ferait dorer peinard chez les débiteurs. Y en a. Tant pis pour les boutiques qui rapportaient, on les cède aux poteaux, avec leurs réseaux, ils assureront la retraite, l'ambiance et la légende.
Les poteaux, les aminches, ce sont des frères, oui. Mais pas que. Le mac, avant, il avait le statut. Padre Padrone, qu'il la jouait. Il tendait la main, on lui baisait la chevalière. Il dictait, les autres obtempéraient. Ça raquait. Protection assurée. Mais les boutiquiers se sont ligués. Pouvaient pas raquer si le mac jouait la concurrence. Tu rackettes pas l'épicemard si en plus tu lui ouvres une épicerie sous le nez. La double peine, c'est contre-productif. Faut choisir Dudule, la thune ou le travail.
Brèfle, le mac a arrêté l'entreprenance. Vente des boutiques. L'a perdu le terrain au profit du banquier. S'est pas aperçu que la banque aussi était une boutique, à croire. L'a plus le statut.
Du coup, les frangins sont moins cajoleurs. Ils se mettent à avoir des exigences. S'adressent entre eux. S'arrangent. Font des comptes en commun. Des affures entre soi. C't'engeance, je vous jure ! Ils réclament. Changement de direction. La boutique laisse la rue au mac. La rue : la gagneuse et la racaille. Au mac de faire régner l'ordre avec la racaille et à faire cracher le tapin. En contrepartie, il a le droit de garder son standinge, mais plus touche au grisbi. On lui donne l'air du souverain, pas le trône. Le barbeau est devenu sous-maxé. Il prend trop cher, l'alphonse ! Le prospère, on le pressurise, qu'il fasse trimer sa chabraque.
Pourtant, il suffirait qu'il renverse la vapeur. Qu'il reprenne ses droits, dans l'amour de sa respectueuse. Qu'il décrète halte au feu, qu'il reprenne les rênes, remette la pogne sur les boutiques.
Ressaisis-toi, beau Jules. Un peu de créations. Innovons, bordel ! Un peu de nationalisations.  C't'un gros mot ? Pouah, chasteté des oreilles ? Merdrerie. Mange la banque et le commerce, mais les confie pas à des carottiers. Du net, pas du scélérat, et révocable encore ! Par ici la bonne maille, qu'importe qu'on cause pas comme les arbitres des élégances, la vulgarité est ailleurs. Et l'honneur du petit homme, alors ? La gagneuse en peut plus. On y a joué Révolution, et étripage, casse-pipe, et massacres, que des malveillances même en temps de paix. Elle s'essouffle. Elle phlébite, elle compote, mal aux pieds, aux reins. Lourdes les épaules, le sein s'affaisse, plus de tension dans les miches, plus moyen d'avancer, de se tenir. Reste la vautrance dans l'indigence pour elle, dans l'abject pour les boutiquiers. Même misère, panoramas opposés. C'est pas aux voleurs d'avoir la loi. Pouacres de riches. Nantis. Cupides. Bois sans soif. Insatisfaits toujours, compulsifs inassouvis.
Fais ton Robin, vieux ruffian, alpague pas la ribaude, fais-lui la vie douce, elle reprendra le dur. Méfi des truands qui volent la gruerie, ils t'hameçonnent et te plombent. T'as la rue, reprend l'immeuble. Ils te mettent ! Et plus bas que terre. T'es plus qu'un roi Pétaud. Ubu. Collabo. Ui. Créanciers de ton ancienne boutique, ils t'hypothèquent. Tapent du poing sur la table, tu t'écrases, tu rampes, tu cloportes, tu te répands, confus, gamin, caneur, pleutre en transpiration.
T'as pas de face, tu t'en prends encore à ta poule. Vache à traire. Tu attiges. T'es dans le déficit d'âme. T'as plus d'honneur.

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