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Flatteries brunes comme la terre briarde

Publié le par L'ours

Tiens tiens ! Il débarque avec ses gros sabots, une terre briarde lourde et grasse qui pègue aux talons. L'est-y bredin ? Non pas. L'est flatteur. Comme un imbécile qui se rend utile au bon maître, il en récoltera bin un nonosse à ronger, bon clébard. Il fait d'une pierre deux coups, expert en ricochets. Il ravive les sentiments, et quels sentiments ! Mais la chanson est connue.

Qui ça ? Christian Jacob. Il croit flatter le sentiment paysan. A quelques heures du salon de l'agriculture que Nick the First n'aime pas bien, vu les ennuis que lui causent les agriculteurs, à quelques heures d'une déclaration d'intention muette de Dominique Strauss-Kahn que tout un chacun interprétera comme un avis d'engagement dans la campagne en vue des élections présidentielles de 2012, l'ancien agriculteur espère faire rêver la France paysanne, tout en faisant semblant d'oublier qu'il y a une grande différence entre agriculteur et paysan.

« Pas de pays sans paysans » affirmait un slogan du Sud Ouest. Inaudible pour les grands céréaliers beaucerons et briards, pour qui la terre n'est qu'un chiffre d'exploitation. Mais Jacob a des lettres. De la pétainiste terre qui ne ment pas, à la désignation à l'opprobre des Juifs Blum ou Mandel, on retrouve en raccourci une analogie avec les termes employés par lui au micro de Radio J à propos du non encore candidat Strauss Kahn qu'il croit dézinguer : « Ce n'est pas l'image de la France, l'image de la France rurale, l'image de la France des terroirs et des territoires, celle qu'on aime bien, celle à laquelle je suis attaché ».

Il oublie juste que son patron de Neuilly n'a guère de chance non plus de se trouver taxé de pécore ou de bouseux par de vilains citadins moqueurs.

Il oublie également que les paysans gardent rancœur à ce président qui avantage chaque jour un peu plus les entreprises du CAC40 dont font partie la grande distribution et l'industrie agroalimentaire et les banques qui les tiennent au garrot, ce président qui préfère une politique agricole subventionnée où les subventions vont à ceux qui possèdent le plus de terre à une agriculture raisonnée et diversifiée.

Il oublie, Le ministre Jacob, que les vignes du Sud sont arrachées et les terrains vendus à l'immobilier parce que faire du vin n'est plus rentable, que les importations de fruits et légumes à l'intérieur même de la communauté européenne n'ont rien à voir avec le commerce, mais constituent une concurrence déloyale qui tue « le terroir ».

Mais qu'elle est douce à entendre, la flatteuse petite chanson vantant la terre qui ne ment pas et le travail qui rend digne, le travailler plus pour gagner plus, le labeur aux labours, la flagorneuse antienne chantée à la pire époque de notre Histoire, celle de l'Etat français dirigé par un vieux maréchal qui faisait mentir la terre.

 

Travaille la terre

Elle ne ment pas

Ce qu'elle doit faire

Elle le fera

Rends lui sans colère

Ton cœur et tes bas

Travaille, travaille

La terre ne ment pas

 

La terre ne ment pas, paroles de Lucien Boyer - Musique de Henry Verdun - 1941

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