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Fume, c'est de l'Afghan

Publié le par L'ours

Quelle drôle d'idée, alors que l'on s'apprête à débourser plus pour respirer mieux grâce à la taxe carbone que d'affréter un gronavion et l'envoyer vers un pays en guerre pour y reconduire trois Afghans qui prétendaient rester sur le territoire national en vertu d'un supposé droit d'asile qui serait reconnu et respecté en France.

Pourquoi, alors que d'autres Afghans et Irakiens bénéficient de ce statut de réfugié politique, ces trois-là sont-ils expulsés vers leur pays d'origine ?

"Originaires de la région de Kaboul où ils ne risquent rien, ils ne courent aucun danger..., ils seront accueillis à leur arrivée par un fonctionnaire qui doit leur fournir un accompagnement personnalisé", précise en substance Eric Besson, le ministre de l'Immigration.

C'est vrai que ces trois personnes qui disent avoir fui leur pays ne disposent pas autant qu'Eric Besson du recul nécessaire pour juger si effectivement elles se sentent en danger dans la riante capitale afghane. Sont-ils pessimistes ! En sécurité aujourd'hui à Kaboul, ne devraient-ils avoir confiance dans la grande maîtrise que la coalition occidentale a des Talibans, et dans l'avenir de leur pays ?

Que ne leur donne-t-on ce statut de réfugié ?

A moins que l'on n'estime qu'ils constituent eux-mêmes un danger pour notre sécurité, qu'ils composent les éléments d'un potentiel réseau "dormant" de terroristes et que cet argument, pour efficace qu'il soit, est à double tranchant. Si le pouvoir reconnaissait cela, quel vent agiterait l'opinion publique ? Vent d'allégresse ou vent de panique ? Confiance et vanité ou méfiance et effroi ?

Ne serions-nous rapidement enclins à penser que, si on a réussi à expulser trois terroristes, rien ne garantit que d'autres ne soient déjà installés.

Si cela était, n'aurait-il été plus profitable de régulariser leur situation et de laisser les services de renseignement surveiller leurs agissements pour éventuellement démanteler un plus vaste réseau ? Quand on se fait fort de démanteler les réseaux de passeurs, on ne s'arrête pas en si bon chemin et on s'attaque aux réseaux de terroristes.

Ou encore, tout ceci n'est qu'un coup d'essai, un précédent à de plus larges coups de filet, une manière de préparer l'opinion publique de demain, qu'elle ne soit exprimée trop violemment, lorsque les charters de "réfugiés politiques" seront pleins et que cette satanée profession de foi lancée dans de beaux discours, où il était question d'être solidaire de ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et les fanatismes, soit oubliée*.

Lorsque le ciel sera tout noir de gens à qui on ne dit pas "au revoir", comme j'ai pu dire naguère.

 

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* Nicolas Sarkozy, discours du Zénith (aux jeunes UMP), 18 mars 2007. J'ai effectué en vain la recherche de la vidéo de ce discours. Les liens aboutissent à cette adresse, mais je ne parviens pas à visualiser la vidéo. Voici la transcription de ce discours récupérée sur le site de Philippe Vatel, député du Var, vice-président du Conseil général.


« Les droits de l'homme sont, pour toutes les démocraties du monde, à la fois un point de départ et un horizon qui se déploie toujours devant eux. La France ne fait pas exception, et il appartiendra au prochain président de lui faire franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés.

» Je veux être le Président d’une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes. Le Darfour est un scandale inacceptable, la Tchétchénie une horreur, les infirmières bulgares en Lybie, une barbarie, Ingrid Bettancourt dans la jungle colombienne une tragédie. Président de la République, je ne me taierai
[sic] pas devant ces insultes aux droits de l'homme.

» Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes. »

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