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Il faut savoir ce que l'on veut. Nucléocrates, engagez-vous !

Publié le par L'ours

Non, il ne s'agit pas d'un nuage radioactif, il s'agit d'un panache ! Plus glorieux, le panache, d'autant plus lorsqu'il est blanc ! Si je m'aventure à parler avec un de ces jeunes gars trentenaires (plus ou moins âgé, d'ailleurs, le temps ne fait rien à l'affaire...) et d'évoquer l'arrêt du nucléaire en France et partout dans le monde, je me prends une volée de bois vert. Je me sens revêtir le bonnet d'âne de l'imbécile.

Si je me risque à dire qu'il n'y a pas de honte à avouer s'être trompé et que le meilleur moyen de sortir d'une impasse est de faire demi-tour ou marche arrière, je suis aussitôt catalogué comme ringard, et fusent les questions du genre : tu veux t'éclairer à la bougie ?

Mon retour au cheval monté, à la calèche et à la diligence comme modes de transport fait rire. C'est sûr la vitesse n'est pas la même qu'avec une Mercédès, ni les distances parcourues en goélette qu'avec un Airbus A 380.
« Il faut savoir ce que l'on veut. Tu veux revenir à la bougie ? Ah ! Ah ! Ah ! Monter des canassons ? Ah ! Ah ! Ah !
— Pourquoi pas, la technique en optique a fait du progrès depuis le XVIIIe siècle, une bougie bien équipée d'un verre lenticulaire peut sans doute luire puissamment et la recherche n'est pas faite pour les chiens.
La bougie décriée a déjà le mérite de ne pas contenir de mercure, contrairement à ces nouvelles ampoules dites à basse consommation qui n'éclairent pas bien et ne sont pas moins polluantes que les anciennes, bien que moins gourmandes en électricité, puisque autrement plus nocives.
La bougie a au moins deux qualités majeures dans le sens où, d'une part elle favorise le romantisme, et d'autre part fournit un jouet sexuel à peu de frais.
— Tu veux mettre cinq jours pour te rendre en Bretagne ? Deux semaines pour rallier New York ?
— Pourquoi pas ? En plus de cinquante ans, je ne suis jamais allé à New York, malgré les Concorde supersoniques, les Boeing et autres coucous de transports de masses plus ou moins européens, peut-être bien me laisserais-je tenter de faire le trajet en bateau à voile. Et jamais, si les avions n'avaient existé, les tours jumelles du World Trade Center ne se seraient écroulées au premier coup de schooner ! Et même de steamer, puisqu'on fait dans l'anglo-saxon et que l'on n'a pas forcément abandonné la machine à vapeur. »
Je ne sais pas ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas !
Je ne veux pas que l'on me dise que le « panache » est « mille fois ou dix mille fois » moins dangereux que le nuage qui s'était formé par la grâce de la centrale de Tchernobyl. Mille fois ? Dix mille fois ? Pour une donnée scientifique, la marge me paraît grande.
Je veux que l'on me dise que jamais un panache radioactif n'aurait dû exister et que jamais plus il ne pourra y en avoir.
Je ne veux pas que l'on me dise que la radioactivité est diluée dans l'eau de mer ou dans la masse d'air, je veux que l'on me dise puisque je suis un grand bestiau ce qui se passe au niveau du sol jusqu'à 1,90 mètre de hauteur (même 2 mètres).
Je ne veux pas que l'on me dise que l'électricité produite grâce au nucléaire est la moins chère du monde. Je veux que l'on me dise que si l'on tient compte des accidents majeurs qui sont arrivés auxquels il a fallu remédier, que si l'on tient compte des accidents mineurs, incidents, problèmes divers, et maintenance régulière, que si l'on tient compte du traitement et du devenir des déchets, de leur longévité et donc des sommes à investir pour s'en protéger et pour remédier aux accidents majeurs et mineurs que ces déchets auront provoqués dans l'avenir, cette énergie est la plus coûteuse de tous les temps, à la fois en argent et en vies humaines.
Je ne veux pas que l'on me dise que cette énergie est la plus propre du monde sous prétexte que l'on ne voit pas les radiations.
Je ne veux pas que l'on me dise que les états et les sociétés exploitant l'atome le font en toute transparence puisque depuis qu'elles le font, jamais ils n'ont cessé de cacher leurs activités sous le sceau du secret défense ou secret d'entreprise.
Je ne veux pas que l'on me dise que nous avons choisi la voie du nucléaire, parce que précisément, jamais nous n'avons été sollicités pour donner notre avis de citoyens.
Je ne veux pas que les défenseurs du nucléaire me disent qu'ils ont des solutions en cas de problèmes, je ne veux pas qu'ils m'assurent que tel réacteur nouveau est sans danger pour telle ou telle raison, y compris la double coque pouvant résister au séisme, à l'inondation, au terroriste, au Boeing, je veux qu'ils s'engagent à pénétrer dans la centrale accompagnés de leurs enfants pour y jouer le rôle du héros tragique éteignant l'incendie atomique, quitte à ce que, engagement pris, ils soient contraints de réparer leur erreur à la seule force de leur optimisme.

Il faut savoir ce que l'on veut. Nucléocrates, engagez-vous !

Amis du nucléaire, vous signez publiquement  cet engagement ? C'est sans danger, vous l'affirmez vous-même.
A part cela, quand le débat public avec les citoyens au sujet du nucléaire, de son abandon, de sa conservation et de l'usage des déchets produits aura-t-il lieu ?

 

 

 

Une discussion est ouverte sur la page Facebook des Carnets. A vos claviers !

Commenter cet article

Framboise 23/03/2011 16:31



Pas pris la peine de relire, il fait trop beau dehors !!! Désolée pour les probables étourderies !!!



Framboise 23/03/2011 16:29



Coucou m'sieur l'Ours,


Comme d'habitude, tu poses de bonnes questions, mais, puisque le choix du nucléaire a été fait depuis pas mal de temps déjà, le problème est de savoir par quoi le remplacer, VITE !!!


Difficile de soutenir que nous n'avions pas été mis en garde, les écolos et bien d'autres scientifiques connaissaient les dangers et en parlaient . Il aurait fallu, comme tu le dis, une large
consultation de nous-mêmes, les cobayes, qui regardons effarés, les dangers sur la tête de nos descendants !!!


Personnellement j'ai peur, pas pour moi, mais pour la multitude d'humains que j'ai contribué à inviter sur cette terre de dangereux inconscients (ou pas) .