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La mémoire et l'amer

Publié le par L'ours

Elle est là, bien en ordre, la claque.
Soudain, plus de noms d'oiseaux aboyés méchamment, plus de jurons crachés à la face du présidentiable devenu Président, mais des messages bienveillants, souhaits de réussite, pour la France, n'exagérons rien, il faut entretenir le fonds de commerce, avec dans l'œil toutefois un soupçon de doute. Et surtout des éloges, à grand renfort de superlatifs, en faveur du sorti. Larme à l'œil, mines contrites, un bilan positif, c'est un scoop Coco. Enjolivé à mort, le quinquennat. Le survolté a tout perdu de son indignité passée. Dernier avatar du « storytelling » sarkozyste, conte pour concons. Et voilà qu'on l'habille pour le printemps dans un costume gigantesque. On ne s'en est pas aperçu, l'homme était faramineux, si grand que l'on ne tarderait pas à le regretter.
C'est Foutriquet entrant dans la légende après une intense séance de ravalement de façade, passé et repassé au Ripolin.
Oubliés, les années cliquetantes, le luxe ostentatoire, les montres et le yacht des amis, en place et lieu de la retraite spirituelle presque monacale – premier mensonge d'une série ininterrompue – la toute-puissance colérique, l'arrogance, la vanité poussée jusque sur la scène internationale, le cynisme, l'ostracisme envers les catégories les plus diverses : fonctionnaires, pêcheurs, ouvriers, syndicats, étrangers, émigrés, combien d'autres ?
Oubliés, la course poursuite avec l'extrême droite pudiquement qualifiée d'une euphémique « droitisation » de son projet politique par les moins flatteurs, tout comme le populisme de fin de règne ? Après avoir été président des riches, se présenter comme l'ami du peuple, il est vrai qu'il faut en avoir, comme on dit… du toupet.
Oubliés, son inculture revendiquée, son mépris grammatical, son goût pour l'invective ?
Si y en a que ça les dérange un président trop court pour atteindre une stature présidentielle, qu'ils se cassent...
Oubliées, les dépenses somptuaires, l'avion présidentiel, les augmentations pharaoniques, alors que menaçait une crise d'une violence… inouïe, et que rappelons-le, le Premier ministre (il l'avait dit) venait de prendre ses fonctions dans un état en faillite !
Oubliées, les amitiés sentant un peu fort, les réceptions de dictateurs avec défilé de 14 juillet en sus de l'accueil chaleureux.
Oubliées, les casseroles, les questions à régler devant la Justice dans les dossiers de financement de campagnes électorales diverses, les noms de Bettencourt, Kadhafi, Takiédine seraient-ils déjà sortis des mémoires ?
L'homme est devenu exceptionnel, immense président, que nous aurions méconnu, symptôme d'une d'une inquiétante cécité.
A entendre les Copé, Kosciusko-Morizet, Morano, et je passe les Bertrand et autres Wauquiez, on se prend à se demander si ce genre de cécité ne se soignerait pas par l'Alzheimer.

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