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Le galonné des basses œuvres

Publié le par L'ours

Changeons de képi. Je vous parlais il y a peu des douaniers, mais ils ne sont pas les seuls à s'illustrer dans l'art de nous rendre le monde meilleur grâce à des notions un peu abstraites et manquant sans doute cruellement d'efficacité telles la tolérance, la bienveillance, l'humanisme, le militaire y peut exprimer tout son talent.
Le général Georgelin, chef d'état-major des armées s'est répandu au micro d'Europe1 en considérations économiques à propos de l'enlèvement des deux journalistes de France3 en Afghanistan. "A l'heure actuelle, nous avons déjà dépensé plus de 10 millions d'euros pour cette affaire", a déclaré l'homme qui a des étoiles sur la tête. Que n'a-t-il plutôt la tête dans les étoiles ? "Je donne le chiffre parce que j'appelle au sens de la responsabilité des uns et des autres", sans toutefois, "remettre en cause le droit à l'expression et la liberté de la presse". Ah tiens ?
Mais à faux derche, faux derche et demi, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, sur RTL, juge que "ce n'était pas le moment de dire cela" tout en modérant ses critiques : "en même temps, je pense qu'on est dans une démocratie où il doit y avoir de la transparence." Et jamais avare de cirage, le pittbul de l"UMP en profite pour vanter les mérites de notre gouvernement : "En tous cas, le montant (des dépenses) montre que l'Etat, le gouvernement fait tout pour retrouver ces journalistes, et c'est ce qui compte aujourd'hui. Je crois que chacun doit penser à ces deux hommes et à leurs familles".
Il fut un temps, où otages au Liban, des journalistes capturés faisaient la une quotidiennement du journal TV, où leurs portraits s'affichaient aux grilles d'édifices publics. Il fut un temps, pas si éloigné, où enfermée dans des geôles en Irak, Florence Aubenas reprenait espoir parce que les médias parlaient d'elle, qu'elle ne se sentait pas abandonnée. Témoignage faisant écho à l'enlèvement un an plus tôt de Patrick Chesnot et Georges Malbrunot, pour lesquels, quotidiennement, France Inter diffusait des messages.
Et ce que l'on entend de cet enlèvement, c'est un général qui compte nos millions.
Un galonné des basses œuvres qui vient "informer les Français de ce que coûte cette histoire" pour reprendre un président dont on ne comprendrait l'irascibilité, la revanchardise et le calcul mesquin si par un inimaginable extraordinaire, il présentait ces défauts. Desiderata présidentiels déjà réexprimés par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. 
Si l'Histoire doit retenir quelque chose de notre époque, du Fouquet's à aujourd'hui, si elle n'a qu'un mot pour la qualifier, un seul me vient à l'esprit : l'obscénité.

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