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Le travail

Publié le par L'ours

« Toutes les familles de France veulent que leur enfant soit éduqué, soit instruit, elles veulent pouvoir leur dire comme nos parents et nos grands-parents l'ont dit « travaillez bien à l'école, et vous aurez une vie meilleure », travaillez bien à l'école et vous serez libres, libres de devenir ce que vous souhaitez, libres de réaliser vos rêves c'est par le travail que l'on devient libre, c'est l'absence de travail qui est une aliénation. »
Si on veut bien résumer ce panégyrique louant le travail de notre pour encore quelques jours président : le travail rend libre !
Ou cet homme devient fou, fou de rage, fou d'envie, fou de survie politique ou il ne se rend pas compte de la portée de ses mots, à moins qu'une troisième alternative ne nous apparaisse : son cynisme.
A-t-il si peu de culture de l'histoire pour que cela n'ait effleuré son esprit ? Pas un de ses conseiller ne lui a dit que ces mots étaient de trop ? Il est grandement compréhensible que devant le nombre d'électeurs ayant voté pour l'extrême droite, avec l'image que l'extrême droite peut porter, il cherche à attirer à lui les voix de ces Français « refusant le système » comme se plaît à le répéter leur chef de file bien sûr, ce n'est pas chez les gauchistes qu'il trouvera les suffrages qui lui manquent. Il ne peut qu'espérer séduire les centristes, apparemment peu nombreux et les électeurs du Front national. Il ne se prive pas d'ailleurs d'essayer de les séduire en criant que Marine Le Pen est compatible avec la République. Il ne se pose pas la question de la réciprocité, à savoir si la République est compatible avec Marine Le Pen. A se rappeler les exhortations passées de son père et encore actuelles de certains de ses soutiens comme l'Œuvre française à une « deuxième révolution nationale ». Si c'est républicain, ça !
Sarkozy parle « famille ». bien sûr que chaque parent espère le meilleur pour ses enfants, quelle porte ouverte résisterait moins à cet enfoncement pour épaule rembourrée ? Le Président candidat parle « patrie ». Une France forte. C'est son rôle, il dirige un pays (et souhaite réitérer). Qui souhaiterait diriger un pays exsangue, soumis aux lois de ses voisins, aux volontés des marchands de quatre saisons les plus variés ? Et le candidat président parle « travail ».

Certes il n'accole pas les mots en un slogan abrupte et limité. Oui, famille, oui travail, oui patrie, mais aussi culture, échange, ouverture, aide, solidarité, progrès, réflexion... Autant de mots qui ne parviennent pas aux lèvres de celui qui pendant dix ans est resté au pouvoir à des postes divers, parmi lesquels cinq passés aux plus hautes fonctions de la République.
On le qualifiait au début de son quinquennat d'ignare plus sensible à l'horlogerie de luxe qu'aux œuvres de l'esprit. De nombreux éditorialistes ont souligné le fait que sa femme l'a initié au cinéma d'auteur et à la littérature. Cessant d'exhiber sa Patek Philippe, il s'est vanté d'apprécier  le cinéaste danois Carl Theodor Dreyer, à l'œuvre sombre et mystique.
Que n'a-t-il visionné « Nuit et brouillard » d'Alain Resnais, il y aurait vu ce « porche destiné à n'être franchi qu'une seule fois » au dessus duquel cette petite phrase forgée dans le fer cynique des nazis accueillait ceux qui n'en reviendraient pas : « Arbeit macht frei ». Le travail rend libre.
Je crois que cet homme doit des excuses à toute une nation.

 

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