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Les Blues encensés par la récupération du Saint Esprit

Publié le par L'ours

Le journal l'Osservatore Romano a trouvé un truc pour filer un coup de lustre au Vatican, il s'attaque au culte. Au film culte.
Un film mémorable, à n'en pas douter catholique. Pour le trentième anniversaire de sa sortie, l'organe (de presse) du Vatican vante par la voix de son éditeur Gian Maria Vian, dans une pleine page, Les Blues Brothers, le film musical de John Landis qui a fait les beaux jours des gars de mon âge.

« Les indices ne manquent pas dans une œuvre où les détails ne sont certainement pas dus au hasard, dit-il en substance, avant d'énumérer des signes témoignant de la grande ferveur véhiculée par le film parmi lesquels un portrait d'un Jean-Paul II (pape) jeune et fort chez le propriétaire d'un des frères Blues, un homme à l'accent sicilien, vêtu de noir, donc catholique ». Quand il s'agit d'interpréter les signes, on ne trouve pas meilleur que le catholique. Les augures de Rome peuvent bien aller se rhabiller avec leurs entrailles fumantes et Madame Irma avec son marc de café a tout intérêt à faire un stage d'initiation runique.
Je passe les autres marques pouvant attester de la quasi sainteté des Blues Brothers. Je connais le film sur le bout des doigts, l'environnement catholique, c'est le (saint) siège de l'intrigue.
Mais le catholique, qui a le cœur pur, n'a pas d'arrière-pensée. Il ne peut un instant supposer qu'investir nos deux rigolos, mouisards vivant dans le péché, d'une « mission pour le seigneur » à savoir récolter l'argent nécessaire à payer les impôts de l'orphelinat de leur enfance pour le sauvegarder des promoteurs est un prétexte pour payer une bonne tranche de rigolade au public, pour distiller une saine et réjouissante musique effectivement très présente dans la liturgie américaine : la soul, le rythm and blues, le gospel.
Le catholique, qui a le cœur pur, est un peu considéré comme une truffe par ceux qui prétendent gouverner son âme, et donne des indices qu'il l'est s'il adhère à fond à la communication et à la récupération vaticanesque.
Les Blues Brothers ne vante, ni ne moque l'Eglise, il l'utilise comme décor, comme argument, tout comme Rabbi Jacob ne fait de prosélytisme que pour la paix entre les peuples et non pour les religions juives et musulmanes. C'est ce qu'on appelle la tolérance. C'est ce qu'on appelle l'humour. C'est exactement l'inverse d'un plaidoyer pro domo et de cette tentative de récupération du film.

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Perrolle Françoise 18/06/2010 20:06



C'est drôle, pour ma part je trouvais ce film à la limite (rigolote) du blasphème !


2 de nos chats s'appelaient Elwood et Jake, c'est dire si nous avions été pénétrés de l'esprit de sainteté !