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Nouvelle donne

Publié le par L'ours

Oh non, c'est trop d'injustice, à la fin ! Méchant peuple français. Attaquer ainsi, pendant des semaines une femme sans tâche, aller jusqu'à s'en prendre à ses pauvres vieux parents qui enfin accédaient au rêve d'une existence, acheter une petite bicoque au soleil pour y finir leurs jours dans la douceur. Quelle infamie que de l'avoir accusée de complicité ou pour le moins d'aveuglement envers un sombre dictateur, que de lui avoir fait grief d'user de dérisoires mensonges pour se trouver une échappatoire.
Mais elle reste droite dans ses escarpins, elle, qui a sacrifié neuf ans de sa vie à servir l'Etat, elle, la loyale, qui n'a commis aucun manquement, qui jamais au grand jamais n'a pu adopter une quelconque attitude qui affaiblît la politique internationale de la France, dont la moralité et la dignité ne sauraient être mises en question.
Que l'on s'intéresse un peu aux victimes, nom de nom ! Ceux que l'on harcèle, ceux contre qui on fomente des cabales, ceux que l'on afflige grâce à d'odieuses manipulations.
C'en est trop, les Français, ces ingrats devront se passer de ses grandes compétences et son formidable dévouement, MAM rend son tablier, le front haut, mais le cœur serré.
Il faut donc remanier.
Autant joindre l'utile à l'inéluctable. A notre bon Auvergnat au teint si clair, on épargnera une lumière trop crue. Encore en butte aux reproches d'une justice pointilleuse avec l'humour subtil, Hortefeux ira conseiller notre excellentissime président tandis que la grise éminence habituée depuis 1977 au bleu marine dirigera nos porteurs de flash-balls. Le bon régisseur qu'il a toujours été voit son domaine réduit, mais il y gagne en exposition, l'Elysée est un charmant point de mire pour les heureux détenteurs de ce portefeuille (Mitterrand, Chirac, Sarkozy), surtout après avoir été chef de cabinet de Nick te First.
Pour montrer à la justice qu'elle ne constitue pas, lorsqu'elle condamne, un point d'arrêt dans la carrière d'un homme politique, on place Longuet et Juppé au joli poste de ministre de la Défense pour le premier et au Quai d'Orsay pour le second, poste où l'on est « ministre des Affaires étrangères, 24 heures sur 24, et 7 jours sur sept », pour reprendre la déclaration de sa prédécesseure (que cette flexion est laide) ce qui laisse présager qu'il va avoir de longues journées bien chargées puisqu'il demeure à la mairie de Bordeaux qu'il avait juré il y a peu ne jamais délaisser. Combien de déplacements en fin de semaine tout ceci va-t-il lui coûter ! Mais quand on aime, on ne compte pas. Saluons le sacrifice !
Ce remaniement, pour magistral qu'il soit, ne représente que la réponse à un crève-cœur, la réaction idoine à un problème majeur qu'il convenait d'anticiper.
Car, voilà ce que la recherche de démocratie peut nous causer comme tracas !
Des peuples qui n'étaient pas suffisamment entrés dans l'Histoire ont l'outrecuidance de s'émanciper de leurs roitelets et survient le spectre du terrorisme, de l'islamisme et du déferlement de réfugiés affamés, assoiffés et alanguis. Des hordes de va-nu-pieds, pour ainsi dire, vont venir se masser à nos frontières et prendre d'assaut notre économie qui se remettait tout juste sur pieds. Avait-on vraiment besoin de cela ? Ne les voyez-vous pas ? Tout allait si bien, pourtant. L'accueillante Tunisie, certes tenue fermement par Ben Ali, fournissait une agréable destination de villégiature parfumée au citron et au jasmin, c'était frais ! L'Egypte, certes robustement serrée dans la main de fer de Moubarak permettait à tous nos concitoyens, pardon, à tous nos compatriotes férus d'histoire de s'amouracher de temples et de pyramides et de rêver à Ramsès II et Nefertiti. La pittoresque Libye, certes quelque peu étranglée par le riant Kadhafi, offrait son désert aux marcheurs introspectifs en quête d'expériences spirituelles.
Et puis ces gens-là étaient d'excellents clients. On dînait au patio, on riait sous la tente, on faisait des affaires ! Tandis que maintenant, on le sent bien, il va falloir aider Tunisiens, Egyptiens et Libyens à élever leur niveau de vie pour qu'ils ne versent pas dans le giron de nos amis américains ou dans celui d'islamistes incontrôlables.

Les temps sont durs ! La gauche, les trente-cinq heures, les Arabes et la démocratie, ils font rien qu'à nous embêter !

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