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Paradis perdu

Publié le par L'ours

Cyrano de Bergerac a raconté longuement ses voyages dans les Etats de la Lune et du Soleil. Certes, il n'était pas en odeur de sainteté avec l'Eglise et encore moins avec Mazarin, politiquement opposé à ce dernier, il l'assassina longtemps à travers des "mazarinades" avant de lui prêter un peu plus de crédit et de soutien. Mais foin de digressions, je m'éloigne de mon sujet avant même de l'avoir abordé. Tel le paradis, mon sujet semblerait inaccessible.

Mais le paradis n'est pas inaccessible, me rétorqueront les milliers de croyants des obédiences les plus diverses. A voir.

Et d'abord, le paradis, c'est flou. Qu'y trouve-t-on au paradis ? De verts paturages, du blanc immaculé, du cotonneux, des sources d'eau claire et fraîche, des vierges et des anges à la con qui vous font éternuer avec leurs plumes ? C'est un peu à la demande du client. De l'espoir sans catalogue. Pur fantasme. Jamais des méchants. Font sale, les méchants. Foutraient le bordel dans le beau vert blanc paradis à réclamer autre chose que de la flotte. Pas de ça Lisette.

Il est même de moins en moins inaccessible, le paradis, si on en croit Bakri Abdullah. Bakri Abdullah est un Indonésien. Il a dépassé l'âge des blagues de potache. A moins qu'il l'ait retrouvé. 70 ans. Il l'a affirmé, Bakri. Il l'a parcouru le paradis. Deux fois, même ! Une fois en 1975, une fois en 1977. Tout comme Rael a visité les extraterrestres et Paco Rabanne l'Antiquité. Il s'en est vanté. Même, il en a rajouté, se déclarant prophète. Prophète, c'est le summum du marchand de rêve. T'en file jusqu'à plus soif. Peut pas faire mieux à moins d'être le grand barbu suprême, grand manitou ultime, mais qui a tendance à se faire rare, depuis que le monde est monde. Prophète, c'est déjà bien.

Mais en Indonésie, ça rigole pas avec la fantaisie. Ça rigole pas avec la religion. La délation n'étant pas l'apanage de quelques occidentaux malappris, les villageois que Bakri cherchait à convaincre l'ont dénoncé aux forces de la musulmanie indonésienne. Prison, mon bonhomme, un an ferme. Histoire de réfléchir à deux fois avant de toucher au monopole. Blasphème, que ça s'appelle. On plaisante pas de d'sur dieu comme disait Coluche. On n'a pas le droit d'être hostile à la religion, quelle qu'elle soit.

Notez que des prophètes, il y en a déjà eu. N'ont pas toujours eu le chemin du paradis parsemé de pétales de roses. Lynchage pour certains, crucifixion pour d'autres. Mais les religions, quand elles ont le leur, aiment pas que d'autres viennent prophétiser à bon compte. Il y a comme qui dirait un brevet tacite de prophétie. Il ferait beau voir qu'on vienne prophétiser dans ma crèmerie, qu'elles regimbent les religions ou qu'on y répande des déviances. Le chemin vers le paradis, c'est tout droit comme on te l'enseigne et tu es prié de fermer ton claquemerde. C'est limite facho, peut-être, mais efficacité éprouvée. Allez, zou, prison.

Blasphémateur, l'homme qui dit revenir du paradis. Se foutrait-il pas menu de la figure du monde de nous sortir des sornettes, que tout le monde le sait bien que du paradis on n'en revient pas. En tout cas, ils le savent bien, eux, les savants de la religion que le paradis c'est une promesse pour les pauvres et les désespérés. Manquerait plus que ça devienne une réalité. Pour avoir prétendu visiter le paradis, allez hop en enfer ! Ça on sait faire.

J'ai bien l'impression que le paradis de ces gars-là n'est pas pour moi. Le videur à l'entrée, déjà, sans même me connaître ne blaire pas ma tête. Suis pas prêt d'aller m'y dégourdir les ailes.

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mamzelle 09/05/2010 07:35



Un paradis perdu, dix de retrouvés...