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Plaisir d'offrir, joie de recevoir

Publié le par L'ours

Je ne suis pas footballeur. Loin s'en faut. J'ai essayé à 11 ans. J'ai essayé longtemps. Six mois. J'ai vite compris que mes épaules n'étaient pas faites pour porter un maillot. D'ailleurs, j'ai toujours préféré le rugby. Là n'est pas la question, le football m'intéresse le temps d'un match, temps perdu, soit, il y a mille façons de perdre son temps. Intéresser, le mot d'ailleurs est fortement exagéré.

Si j'étais footballeur, professionnel et riche, faut-il ajouter, je me demande bien ce qu'on m'offrirait pour mon anniversaire. A quoi rêvent les footballeurs lorsqu'ils ne tapent pas dans la baballe ? Quels sont les désirs des footballeurs ? Les footballeurs sont-ils des hommes comme tout le monde ? Un album d'images Panini au complet ? Ou Études typologiques des effets de causalité observés sur des individus exposés à des épreuves physiques à caractère Podologique* ? 

Il est des cadeaux qui font plaisir, c'est généralement la fonction à laquelle ils sont dévolus. On ne l'offre pas à un ami pour qu'il le traîne comme un boulet. On m'offrirait un livre, un disque, une bonne bouteille, des habits, une place de théâtre, un voyage... un cerisier (encore merci les amis). On s'adresserait à cette partie de ma vie visible, sociale que l'on chercherait à enrichir ou embellir. Ce présent nourrirait mon imagination, qui répondrait à un rêve. On parierait que le plaisir produit par le cadeau proviendrait de l'attrait de la découverte ou de la redécouverte d'un ressenti perdu, oublié, ou bien jusqu'alors inaccessible.

Il est des cadeaux qui manquent leur cible. Par manque de réflexion ou d'imagination, ou par excès d'imagination, par méconnaissance de la personne, ou encore par mépris du geste, le cadeau n'étant alors que pure convention sociale. Par manque de temps aussi, il faut quelquefois parer au plus pressé.

Toujours est-il que je n'aimerais pas que mon cadeau d'anniversaire se retrouve à la une de Paris Match ! Etre obligé de le partager avec des rombières en cours de moumoutage ou avec des adolescents boutonneux à la main moite et aux ongles peu soignés, ça me dépriserait. Tant qu'on est dans le service, un plombier me serait plus utile.

 

(*) Études typologiques des effets de causalité observés sur des individus exposés à des épreuves physiques à caractère Podologique, Olivier Cablat,  Galerie 2600, broché, 64 pages. Voir sur Des livres et des photos.

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