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Populisme

Publié le par L'ours

« Il convient que les ministres s'abstiennent de donner des gages de populisme ambiant... », qu'il a dit notre superfétatoire.
Parce que voyez-vous, braves gens, le populisme, c'est pas joli joli. Le populisme, c'est mal parler. C'est flatter le peuple. Particulièrement flatter les bas instincts du peuple. Et ce genre d'attitude, ça n'est pas dans les usages de la maison. Y a qu'à (pour parler le Nick the First) se souvenir pour s'en apercevoir. Je vous rafraîchirai pas, démerdez-vous avec votre remémorance personnelle, relisez ce blog, ça court les pages, ça fuse, côté populisme, c'est un geyser, notre incomparable à réhausseur. Et puis la question n'est pas là.
Il est de bon ton de fustiger le populisme. C'est un truc d'opposant politique, ça. Quel qu'il soit. Dès que quelqu'un se met en tête de critiquer un politique, son comportement en décalage avec les droits usuels de l'homme de la rue, les privilèges qu'il s'octroie, on jette à la face du récriminateur l'opprobre du populisme, on moque sa chicanerie au vilain mesquin, on le soupçonne d'avoir une pensée nauséabonde, on le traite, on le dénigre, on l'assimile facho. Comment donc, oser juger l'élite, oser réclamer des points bien ronds sur des i bien droits, oser regimber aux manquements de nos élus ! Et qui tu serais pour avoir l'outrecuidance ? Un péquin moyen, un vulgaire monsieur-tout-le-monde ?
Pensez donc, avec les responsabilités qu'ils ont, qu'ils assument, nos zélés zélus, nos ministres nommés, la charge de leur charge, peuvent bien s'accorder de petits avantages en nature, pas si bien payés qu'ils sont. Ce serait bien méconnaître le monde que de vouloir de l'honnêteté pur jus. Alors, la cantine, la fumaille et la vêture, c'est rien que verroterie, pauvre plèbe. L'excellence, ça se paye. Ils sont pas excellents ? Regardez-vous. Votre état. Piteux. Vous êtes laids et envieux. C'est moche, ça.
Le gîte et le couvert, les outils de fonction, normal, ils servent la République, comme tout bon fonctionnaire, mais en mieux. Le petit fonctionnaire, il s'occupe de petites choses, l'a pas le palais délicat, l'a la fesse plate, qu'on y rembourre pas le coussin. Mais le grand, le haut, c'est de la viande à carrosse, sa bouche, c'est du raffiné qu'on y verse, supporterait pas du juste bon, du simplement frais, il faut de l'exceptionnel. Comparez standinge. On fait la grande école et on prend des habitudes, on cause entre gens bien. Comment on se reconnaîtrait si on se différenciait pas ?
Tu l'aurais vu, toi le ministre secrétaire d'État prendre le train et offrir des Gauloises à l'invité de marque ? Tu l'imagines se goudronner les poumons au Chiquito ? Pas bon, le Chiquito. L'autre, tu lui donnes pas les mêmes restrictions qu'au commun. Autorisation toute. Le pays est à eux. On a pas raccourci un roi, une reine et les malfaisants affameurs pour laisser la joncaille au tout-venant. Alors quoi ! Tu argumentes déconfiture, trous, dettes, calamités. La loi du plus fort, toujours. Pas le plus efficace, le plus méritant, le plus dévoué pour la communauté. L'échelle c'est pas l'intelligence non plus, ça se saurait, faudrait vite supprimer ça. Voter une loi contre. C'est bien connu, la loi, c'est pour les autres. Pour ceux qui se font prendre. Si tu essayes, tu te vautres dans le populisme, mon p'tit vieux.

T'en voulais, histoire de te défouler ? En voilà.

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