Partager l'article ! Prière de rue: La neige recouvrait les rares pavés qui subsistent dans les rues de la capitale. Depuis 1968, on les a remplacés par du bitume ...
La neige recouvrait les rares pavés qui subsistent dans les rues de la capitale. Depuis 1968, on les a remplacés par du bitume ou du goudron aggloméré à je ne sais quoi pour en constituer
l'asphalte grisâtre et lisse dans le dessein de décourager les émeutiers après que les compagnies de gardes mobiles ont fait la triste expérience de la lapidation par les masses contestataires.
Comme quoi, un ministère de l'Intérieur sait parfois tirer les leçons du passé. J'ai descendu les marches et suis sorti pour prendre la température de l'air du temps sur le boulevard plutôt
désert. Je songeais à l'avenir, au passé, à notre société, à notre encore pour quelque temps gouvernement, à notre ministre de l'Intérieur, aux barricades qu'il tentait de dresser entre les
gens.
A l'heure où se couchait un soleil frisquet, encouragé par la bise, j'ai marché d'un bon train. Soudain, m'échappant de mes pensées, convaincu qu'il fallait réagir, immédiatement, qu'il n'y avait
plus une minute à perdre. Il était inutile, il serait même nocif de patienter jusqu'au printemps et au mois de mai que l'on dit fleuri. Je décidai d'en appeler aux hautes sphères, en trois
mots, j'allais entreprendre une prière de rue. Je levai le poing au ciel et criai. J'avisai un groupe d'Auvergnats authentiques qui avaient troqué leurs sabots empaillés pour des
snow-boots plus chauds et plus confortables bien qu'étymologiquement discutables. Interloqués par ma harangue à d'invisibles destinataires, pourtant omniprésents depuis cinq ans, ils
m'emboîtèrent le pas, me pressant de questions et furent rapidement rejoints par d'authentiques Parisiens frigorifiés et curieux. Je ne pouvais répondre à tous et continuer sereinement ma prière
de rue. Je leur distribuai des « éléments de langage » qu'ils reprirent tous en chœur.
Cassez-vous, barrez-vous, dégagez.
Caltez, virez, trissez.
Filez, débarrassez le plancher.
Foutez le camp, débinez.
Faites-vous la malle, tirez-vous, dropez.
Esbignez-vous, prenez le large.
Carapatez-vous, de l'air, faites-vous la paire.
Tricotez des fuseaux, délogez.
Pliez bagage, faites la valise.
Effacez-vous, estompez-vous, levez l'ancre.
Mettez les voiles, mettez les bouts, démettez-vous.
Ripez, glissez, taillez la route.
Trottez, faites feu des quatre fers.
Prenez la clef des champs.
Videz les lieux, valsez, décampez.
Déguerpissez, tournez le dos et les talons.
Cédez la place, déménagez.
Eclipsez-vous, décanillez.
Emigrez !
Amen. Ite missa est.



Je suis désolée de manquer peut-être de subtilité mais pour une fois, j'ai du mal à saisir votre discours. A qui adressiez-vous cette harangue et vers quelles destinations d'émigration ?
Bonjour Catherine,
Si la chose n'est pas claire, c'est que j'ai mal dû m'exprimer. Pourtant, j'imaginais que le(s) destinataire(s) serait facilement identifiable(s).
" Je songeais à l'avenir, au passé, à notre société, à notre encore pour quelque temps gouvernement, à notre ministre de l'Intérieur, aux barricades qu'il tentait de dresser entre les gens."
"Je décidai d'en appeler aux hautes sphères"
Pensez-vous que ce billet puisse renforcer les messages répétés de notre ministre de l'Intérieur ?
Dans ce cas, je vais probablement retoucher le texte pour que ceux qui tentent de rendre notre société encore plus raciste qu'elle n'est soient clairement reconnaissables.
Je crains qu'au premier degré, la plupart de vos lecteurs comprennent : "Immigrés barrez-vous !".
Je rajouterai que nous devons faire face à un problème autrement plus grave. C'est qu'une nouvelle civilisation monstrueuse est née et commence tous à nous asservir d'une façon inexorable: celle de l'argent-roi, celle des banksters qui n'hésiteront pas s'il le faut à déclencher une troisième guerre mondiale. Et que ça urge de réagir car le combat ne va pas être simple puisque leurs moyens de désinformation et de manipulation sont ENORMES !