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Qu'est-ce qu'on mange ?

Publié le par L'ours

J'en ai un peu ma claque. Ecrire mes petites bêtises sans ressentir la grande satisfaction égocentrique qu'elles sont lues et appréciées. Oh ! Il y a bien de temps en temps quelques compliments, des manifestations d'amitié, je les goûte avec délectation et j'en remercie les auteurs. J'aimerais toutefois un peu plus de participation de la part du lecteur. D'ailleurs, si vous voulez gobichonner ce billet jusqu'à sa fin, il va falloir bosser un peu de la souris.
Disons-le, le moral n'y est pas. L'époque n'est pas étrangère à cette dépression, ni le temps qui après à peine une petite semaine de fin d'hiver passe du frais au froid, ni l'ambiance générale de cette campagne électorale.



Bien sûr, on manque d'oxygène. L'air est lourd. On s'avale des litres de glaçons et de brouillard. Un tueur de militaires et d'enfants a fait l'actualité, jusqu'à sa reddition devant la mort. Petite polémique, les démocrates sont tracassés par le fait que l'assassin n'a pas été pris vivant et donc ne sera pas jugé. On apprend qu'il était pisté par les services ad hoc, voire indic. Du chapeau magique du président sortent des arrestations de types prêts à jouer les terroristes. Bien sûr, la représentation a lieu au moment adéquat devant les spectateurs ébaubis, car que serait un numéro de prestidigitation sans public ? Promis-juré, ces arrestations dans ce qu'il est convenu d'appeler dans le petit monde médiatico-politique les milieux islamistes, n'ont rien à voir avec l'affaire Merah, la tuerie de Toulouse, ni bien sûr avec la campagne électorale.



Pendant une semaine d'angoisse, pas moyen de s'aérer, de prendre de la distance, s'échapper de la peur. La menace terroriste est là, bien présente. Pas question de la nier ou de tenter d'en prendre la mesure, en estimer l'ampleur, ce serait irresponsable à la limite du crime de lèse-Démocratie monarchique, et pourquoi pas de la complicité pure et simple. En revanche, lors de la seconde vague d'arrestations de petits Ben Laden, si les télés étaient convoquées pour faire de jolies images d'une police forte dans une France forte, on ne les a pas rappelées pour voir sortir libres et lavés de tout soupçon ces mêmes dangereux terroristes.
Pendant ce temps, les hommes puissants du Qatar, pays imbécile où jamais il ne pleut, aurait dit Tonton Georges, poursuivent leurs emplettes avec force poignées de main reconnaissantes et sourires de bon aloi de la part de nos décideurs de tout poil. L'odeur de la monnaie n'effarouche pas. Quant à savoir ce que devient l'argent produit par les investissements des Qatariens et le problème de savoir qui finance les fossoyeurs de démocraties, ceci est probablement une question un peu trop déplacée.

 



A peine l'affaire Merah retombe-t-elle qu'un nouveau danger menace. Une centrale nucléaire, à Penly en Seine maritime, fait des siennes. Heureusement, il ne s'agit que d'un incendie de rien du tout. Une peccadille. Tant qu'on est loin du champignon ultime, Pas de quoi en faire un thème de campagne. A propos, où en est Israël et son ami de Téhéran ? Quel est le programme ? On ne dit pas de gros mots, à la campagne !
Autour du PS, le rouge n'est pas très vert, on se dispute les futurs nonosses à ronger et on aimerait bien remettre en cause les accords pré-électoraux que la popularité grandissante du tribun néo-robespierriste rend caduque.

 

 

 

Encore heureux qu'ils s'accordent tous à dénoncer l'éolienne qui nous tient lieu de guide depuis cinq ans. Drôle d'ustensile qui par ses moulinets fait plus de vent qu'elle ne produit de lumière. Il ne parle de rien, mais promet jour après jour quelque chose de nouveau. C'est la foire à l'encan. Sans jamais évoquer son bilan, bien sûr, désastreux, il prédit celui de son adversaire qu'il tire comme un pigeon de fête foraine, et s'abstient de nous entretenir des sujets intéressants – nous et des sacrifices qu'il faudra faire pour sortir de l'ornière que nos dirigeants et nous-mêmes creusons depuis quarante ans, voire plus. Etrange harangue au peuple. Vous êtes le peuple ! Ah ah ! Voyez le beau respect, voyez les charmantes intentions. Et l'on dit le peuple et pas les intentions. Le peuple, cette chose obscure la plus courtisée de la terre, sera celle qui a le plus d'imagination à croire que l'on parle d'elle.

 



Question de nature... humaine, on se monte le bonnet, on se satisfait de nos petites embellies et quand le temps se couvre, on cherche un édredon douillet, pour sa propre pomme. Tant qu'il y a du gâteau, on peut promettre des parts grosses comme le bras, avec cerise et chantilly et se préparer en loucedé à distribuer les miettes.
Avant de parler pour annoncer la poursuite de la mistoufle généralisée, l'amplification de l'épandage de purée, il est urgent de ne rien dire. D'enfumer le panorama.
En revanche, il convient de parler permis de conduire. A quand un bel et bon projet pour les robots ménagers et les lave-linge, les poêles à bois et les cheminées ?

 

 

 

On pourrait résumer notre état d'esprit en cinq mots, pas plus. : « la campagne, c'est chiant ! ». Il faut dire qu'avec ces oiseaux, hélas pas de passage annuel, mais quinquennal, on se fait tartir sec. L'air est pur, mais certains sentent du bec. Atavisme familial, à faire rebondir les ressorts pétainistes que l'on croyait rouillés hors d'usage ?



Et de savoir ce que nous perdrions, si nous ne les entendions plus piailler ou roucouler, selon qu'ils se sentent en joie ou non, à vouloir nous faire prendre l'ortie pour le mouron, nous vendre alcootest et plaisir de rouler dès le lycée. Habitués comme pas deux à ne plus écouter le silence, sûr que frileux, on se mettrait à avoir peur.

 

 

Merci à Messieurs Blier, père et fils, Carmet et Depardieu pour leur participation sonore.

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Lilith 09/04/2012 21:56


J'en pense que j'ai honte, qu'un blog pareil ça se lit chaque jour, et ça se commente. Oui j'ai honte. Je vais arrêter de faire ma paresseuse, je vais revenir, promis ! En plus j'adhère
totalement à ce qui est écrit ici. Alors...

L'ours 10/04/2012 08:43



Merci, c'est gentil. Surtout je devrais me bouger un peu les fesses et écrire plus régulièrement.