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Quand on est grand, on ne compte pas

Publié le par L'ours

Qui donc peut s'autoriser de faire le malin et mobiliser 699 flics et gendarmes, des troupes d’élite du GPRS, balader un cortège de 11 voitures officielles quitte à bloquer la circulation, contraindre à fermer la mairie toute une journée, mettre une ville déjà en quasi état de siège depuis la veille pour raison de sécurité ce qui a pour conséquence de perturber les commerces, interdire en certains lieux l'ouverture des terrasses de cafés et de restaurants, brouiller les communication par portables en centre ville… pour une visite de quatre heures ? Et à quelle occasion ?

C'est son incomparable grandeur, ce majestueux monument vivant, à la grâce et au raffinement inégalés, Nick the First, ce 22 avril, lors de la commémoration du rattachement de la Savoie à la France. C'était il y a 150 ans. J'avais failli l'oublier.

Tant de lardus à képis pour seulement ça ! Rien à craindre, il y avait ! On ne va pas nous l'enlever ! Pas si couillons les autres peuples.

Le pognon crame les doigts, on dirait. Patrouille de France (8 alpha-jet) pour faire de la fumée dans le ciel, et 4 Mirage F1 de l'escadron 2/33 Savoie (basé à Reims), voyage de la garde républicaine pour faire un beau salut, les chasseurs alpins devaient pas suffire, mais aussi celui du Choeur de l'armée française pour égayer le tout au son de bluettes martiales. Ça adoucit les mœurs, il paraît. Mais aussi, repas somptueux offert à 180 élus de la région (selon le Dauphiné libéré, 300 selon Backchich) 16 historiens, il faut bien ça pour asseoir sa postérité, généraux, représentants d'anciens combattants, chambres consulaires, bref, tout le gratin dauphinois. Tant qu'on est dans la ferveur, fallait pas louper ça, pour l'occasion  délocalisation exceptionnelle du savoyard Guy Martin, le chef du Grand Véfour à Paris. Pas que je voudrais jouer les mesquins, mais sans se torturer les méninges, on peut trouver des priorités. L'aurait fait une raclette-partie en visioconférence, on n'était pas fâchés. D'autant que le chef n'est pas venu tout seul les mains dans les fouilles. L'avait emmené ses cuistots, une brigade de 20. Et les loufiats d'usage, j'imagine.

Quoi ? la raclette, c'est pas vraiment totalement typique savoyard ? Chierie ! Obligé de becqueter des écrevisses et de la polenta, avec poulet fermier et morilles, tout de même. Modeste mais classieux (voir le menu ci-dessous). On n'en trouve plus des écrevisses, celles qui restent, faut en plus les laisser aux huiles. J'enrage, mais je veux pas faire l'envieux. Les fonctions ça rend l'estomac fragile et délicat.

Sinon, qu'a-t-il dit ? Parce qu'il faut bosser un peu, tout de même, il a discouru. Pas grand chose. Un peu de rappel historique, un peu de flatterie du savoyard, un peu d'autosatisfaction nationale sur fond de patriotisme, un peu d'autopromo pour son projet de réforme territoriale, un peu de vœux de prospérité pour la région et à l'occasion un peu de pub pour la candidature d'Annecy aux J.O. et la liaison Lyon-Turin en TGV, rien de bien neuf, le tout constituant beaucoup de lieux communs. Paradoxalement, la teneur du discours est la seule chose qui paraisse pauvre chez Nick the First.

L'anarchiste Zo d'Axa avait présenté un âne à une élection, les Français ont fait mieux. Ils ont élu Nick the First.

Puis il a cité Michelet « Les provinces françaises se sont comprises, se sont aimées » ce qui ne mange pas de pain, bonjour chez vous, vive la Savoie, vive la République et vive la France !

 

 

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Écrevisses de nos lacs dans une fine gelée de carottes au carvi, penne et eau de tomate.
Poulet fermier savoyard rôti, polenta au Beaufort et à l'Abondance, morilles et févettes, sérac et jambon cru de pays au genièvre.
Palet au chocolat noir et framboises, infusion de liqueur de plantes et de génépi.
Bricelets aux pistils de safran.
Café Folliet
Vins : Chignin Bergeron « la Bergeronnelle » 2008 - Domaine Les fils de René Quenard. 

Mondeuse d'Arbin « Le clos de la galèze » 2009 - Domaine Les fils de Marcel Viallet
Pétillant de Savoie - Marc et Françoise Vullien Méthode traditionnelle (Domaine les Tartères)
Eau d'Aix-les-Bains, Eau d'Evian.
Pain savoyard « Savouet » issu d'une farine à forte valeur nutritionnelle locale.

 

Discours sur le site de l'Elysée.

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