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Réforme des retraites

Publié le par L'ours

Ah la retraite !
Bon an mal an, les années passent et on n'y pense pas, à la retraite. Ou pas trop, tant le sujet est angoissant. Parce que elle est angoissante la retraite, elle nous projette en avant, sans que l'on puisse rien faire, on a beau freiner des quatre fers, elle nous précipite vers une chute que l'on sait irrémédiable. Irrévocable. La mort est irrévocable. Salope ! Elle est angoissante, la retraite, tant, depuis la naissance, on nous a vanté les mérites du travail, que l'on nous a formés (déformés ?) à l'entreprise, que l'on nous a éduqués à représenter quelque chose à condition de s'inscrire dans un processus de travail. Ce n'est plus de l'éducation, c'est de l'élevage ! Quand arrive l'heure fatidique, un monde se dérobe sous les pieds du tout nouveau retraité. Non pas que le travail lui manquera nécessairement, comme les coups de marteau, c'est bon quand ça s'arrête, mais les rapports sociaux, la cohabitation avec des alter ego, le sentiment d'être dans le même mouvement que les autres.
Comment supprimer l'angoissante question de la retraite ? En supprimant la retraite ! C'est-à-dire en supprimant le travail. Vous allez objecter, je le sens, que c'est impossible. Je le sais.
Mais comment voulez-vous faire entendre raison à ces millions d'adeptes, ces drogués de l'activité forcée, à ces bagnards volontaires et, tant qu'on y est, fiers d'en être.
Donc puisque retraite il y a, il faut réformer la retraite, nous disent nos dirigeants, qui pour beaucoup la prennent tardivement, quand ils ne meurent pas avant, et à des âges honorables. Parce que les caisses sont vides. Enfin, les caisses qui nous concernent. Les banques récemment sauvées du péril zone, comme les entreprises grosses fourvoyeuses en chômeurs de longue durée ont su trouver des caisses pourvues en libéralité, les restaurateurs et bistrots ont réussi à faire passer une hausse des prix exonérée de toute contrainte, que ce soit en termes de créations d'emplois ou d'augmentation de salaires.
Le message gouvernemental est clair et surtout bien rôdé. Il s'agit de ne pas affoler le populo. Particulièrement en cette période électorale, mais surtout au printemps. Donc, il n'y aura pas de passage en force, il y aura concertation avec les "partenaires" sociaux dans le respect d'un calendrier qui sans être serré sera serré. De quoi contenter tout le monde. D'ailleurs toutes les propositions pourront être mises sur la table. Logorrhée ligneuse qui bourgeonne dès février, les arbres sont précoces cette année.
Alors que l'on se doute que les efforts à consentir pour "sauver" notre régime de retraite par répartition (il est donc en grand péril) le seront par les principaux intéressés, c'est-à-dire, les salariés. Pas les chefs d'entreprise, et surtout pas les actionnaires de toutes façons pas par ceux qui creusent les déficits en licenciant, en réduisant les effectifs, en délocalisant et en paupérisant l'emploi. L'alibi est tout trouvé, les responsables désignés à la quasi-faillite des caisses de retraite ce sont les salariés ! Ces feignasses qui, non contentes de ne travailler que 35 heures, se permettent de mourir de plus en plus vieux.
Alors, on va parler pénibilité du travail, date d'entrée dans le monde du travail, augmentation de la durée du temps de travail sans remettre en cause le moins du monde la notion de travail et le lien qu'il peut y a voir entre l'existence d'un individu et le rackett organisé de la société sur l'individu que l'on nomme travail, et d'une partie infime de la société sur l'autre, immense.
Puisqu'il faut travailler pour vivre, travaillons ! Que l'on grave cette obligation en droit dans le marbre puisqu'il ne représente pas moins que le droit de vivre. Et lorsque l'on s'arrête de travailler, outre la solution consistant à crever avant terme, ne reste qu'à vivre avec ce que l'on a collecté au long de sa vie. Las, la collecte s'avère de plus en plus lacunaire. Ceux-là même qui n'accordent pas le "droit de vivre" en délocalisant, en rognant sur l'emploi, n'auraient-ils pas une petite responsabilité dans la béance des caisses de sécu et de retraite ? Et par extension ceux qui gèrent l'emploi, ou du moins sont payés pour ? Ces entreprises, qui depuis des décennies bénéficient d'aides, à qui on fait de mirifiques allègements de charges pour piocher ci ou là quelques chômeurs aux contrats avantageux, ne sont-elles tout antant redevables à la communauté que ne le sont les retraités ? Ne peut-on réorganiser l'entreprise, l'équilibrer, réduire les salaires astronomiquement élevés, les dispendieuses primes d'accueil et de départ de dirigeants d'entreprises ? L'argent qui circule dans les échanges boursiers ne connaît pas de repos. Il n'aura pas de retraite. Que ça ne l'empêche pas de cotiser !
L'ordre du jour est de réformer les retraites.
Réformons les retraites.
Les retraites-chapeau ?
 

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