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Remaniement

Publié le par L'ours

Technique, le remaniement.
L'équipe de Nick the First avait tout d'abord fourni des éléments de langage. A écouter parler le chef, il devrait se fournir chez Grévisse, mais passons. Donc, dimanche soir et lundi, le mot d'ordre était "on a perdu", sans toutefois ajouter une quelconque, mais traditionnelle allusion à la localisation des doigts. Disons que la gauche a gagné les doigts dans le nez.
Mais, il y a toujours un mais, Fillon s'est d'ailleurs empressé de le claironner un poil méprisant, ce n'était qu'un scrutin local. Semblant ignorer que le local généralisé ressemble foutrement à du national, on décide donc de ne rien changer. Car du haut de leur grand entendement, ils comprennent, nos ministres perdants, que le message des Français n'est pas qu'ils sont mécontents du gouvernement et de celui qui gouverne, mais inquiets de la crise.
Pour le coup, on est entre deux crises. Une crise qui fait pleurer et une crise de rire.
Pour un peu, ce mauvais résultat aux régionales serait dû aux 35 heures ! Déjà, à l'issue du premier tour, le PS était rendu responsable de la désaffection des Français devant les urnes parce qu'ils n'avait pas fait une campagne régionale. Aveu prédictif que le résultat du second tour avait bien un parfum de scrutin d'une portée nationale.
La droite a perdu, certes, doivent se dire les experts de l'UMP, mais pas parce que les citoyens réclament plus de gauche, mais parce que des voix se sont évaporées vers le FN. Il faut donc flatter l'électeur FN, tenter de le récupérer pour la prochaine fois. Copé l'a dit : la loi interdisant la burqa est urgente. Et puis prendre en compte les mécontents de l'UMP qui voyaient d'un sale œil la pseudo ouverture à gauche davantage destinée à repeindre en Président de tous les Français celui qui n'est en fait que le Président du CAC40, du Fouquet's, des charters et des flashballs. Pas question que cette ouverture pratiquée à gauche infléchisse les décisions antisociales du gouvernement. Pas question que le Grenelle de l'environnement (c'est nous qu'on l'a fait) dérange nos belles et grandes entreprises et sème de la mauvaise herbe dans notre agriculture (l'écologie ça commence à bien faire lorsqu'on visite le salon de l'agriculture).
Trop d'ouverture, maugréaient les UMPIstes, et nous, et nous, et nous. Et ces sales villepinistes qui vont se réveiller et n'avoir de cesse de nous mettre des bâtons dans les roues...
Donc on va remanier. Pour ne pas avoir l'air de céder, on va remanier technique.
Technique, surtout pas politique. Pas de népotisme, ça se voit et on craint un retour de manivelle, et côté pratique, on va s'attacher du chiraquien (Baroin), du villepiniste (Tron) du nouveau centriste (ce n'est que justice, ces derniers ont été balayés aux régionales), et bouger un peu l'existant.
Exit Darcos au ministère du Travail bonjour Eric Woerth. Même crèmerie, mais lui n'a pas tourné à l'aigre dimanche dernier. Et puis pour la réforme des retraites, il ne risque pas de se faire des cheveux (oui, je sais, c'est bas !).
Alors finalement, qu'a-t-on au gouvernement ?
Un Fi(ll)on, un Tron(c), manquent les bras et les jambes... et surtout la tête !

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