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Rentrée

Publié le par L'ours

La voilà, la rentrée. Rentrer suppose d'être sorti. Sorti de quoi, du jeu ? Je connais. Etions-nous tous sortis ? Hors jeu ? Plongés dans une torpeur ouatée où plus rien n'avait d'importance que la météo, la fraîcheur du pastis et du rosé, la couleur des tongs au bout desquelles nos orteils se prélassent en bouquet de violettes ? A part ne rien foutre, je ne connais rien de meilleur que le farniente. Farniente, quel joli mot. Tu vois Allain, il n'y a pas que les choses dégueulasses qui portent un joli nom. Toi, tu as choisi de mettre les bouts. Les autres n'auront qu'à rentrer.  
Rentrer ? Mais dans quoi ? Dans quel chou, dans quel lard ? Ce n'est pas la viande qui manque. Ne serait-ce que du côté de la tête. Retour des petits mots lancés en vache, des phrases ambiguës, comme celle d'Alain Marleix nommant « coréen national » Jean-Vincent Placé, vaporisant un peu de poison insidieux pour la rentrée des vacanciers, trop d'air pur peut nuire. Retour de DSK qui va attendre la quinzaine avant de s'exprimer, probablement pour donner tous les détails de l'épisode suite 2806. Retour des affaires de gros sous palpés amicalement, de la main à la main, comme qui dirait.
Ah que l'amitié est belle et bonne. Ne pas voir dans la main tendue un quelconque rapport avec celle du SDF, du pauvre, du déclassé, race d'hommes qui n'est pas en voie d'extinction. Bien au contraire. Tout augmente, même les pauvres.
Ne pas voir dans la main qui lâche un peu de fraîche, le négligeable pourliche que l'on glisse au larbin. Ici, on est dans le sérieux, le standinge, quoi, merde !
Retour des « écoutes » de journalistes. Si le mot « écoute » est abusif et à mettre au rancart, biffons-le au profit de celui de flicage de journaliste avec épluchage des fadettes (factures détaillées des communications téléphoniques) de Gérard Davet du Monde qui enquêtait sur le dossier Bettencourt , histoire de mettre des noms sur ses informateurs.
Retour de la crise, et de la trouille. Celles des états qui tremblotent avant que ne tombe le verdict des agences de notation. Triple A, AA+, pire ? Comme à l'école, le bambin frissonne à l'annonce de son nom et qu'il se trouve bien circonspect quand à savoir quelle lettre l'institutrice aura gribouillé sur sa pâle copie, vu qu'il n'a pas même compris l'énoncé des questions qui lui avaient été posées.
Rentrer dans quoi ? Dans un trou ? Pour échapper encore un peu à cette actualité morose, au gigantisme des problèmes, à cette inflation de discours pro domo de tous ceux qui ont l'ambition de s'occuper de nos affaires ? Que ne leur demande-t-on davantage de comptes, à voir la façon dont ils s'en occupent ? Rentrer dans un trou de mémoire, comme Chirac qui n'assistera pas à son procès parce qu'affecté par une maladie de tête qui paraît-il ne lui appartient plus tout à fait. Je ne veux pas de mal aux vieilles personnes, mais j'ose espérer qu'au moins il ne siégera plus au Conseil constitutionnel, ce n'est déjà pas brillant à l'exécutif.
Et que dire de l'indignation de sa charmante épouse réagissant devant ce procès alors que son Jacques « a tout donné à la France ». il a pris un petit peu quand même, non ? Mais que sont déchirants les cris des grands nécessiteux.
La voilà, la rentrée. On aurait dû faire provision de sable pour se boucher les oreilles. Mai 2012 est dans tous les esprits concernés, on va en entendre des conneries !

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Ladyapolline 20/09/2011 06:24



Superbe billet ... Rentrer dans un trou de mémoire .... que c'est bien dit ! ...


Amicalement



L'ours 12/10/2011 18:47



Merci.