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Saint Nicolas et le Père Fouettard

Publié le par L'ours

Coucou le revoilou. L'éternel couplet du chanteur pour drame. On en connaît la musique, on en réciterait les paroles, si on se laissait aller à fredonner des inepties, comme les enfants le font avec les slogans publicitaires.
A chaque crime « abominable » dont nous abreuve l'actualité – que ne nous sert-elle pas des crimes rigolos – sur le trône, ça s'agite. Ça mouline des bras, ça pousse sa goualante, ça donne l'air. Ça pointe son index vengeur et menaçant. Il faut prendre des mesures, trouver des responsables, parce qu'il y a eu défaillance, laxisme, faute ! A rejeter sur d'autres, la faute. Opposition, magistrats, médias, enseignants, ces sales feignasses qui serinent qu'ils n'ont pas les moyens.

« C'est pas moi, m'sieur-qui-va-voter, c'est l'autre ; moi, je prends des mesures, je gueule haut et fort. C'est pas moi, m'dame-qui-doute-encore-de-son-bulletin, c'est tous les autres. Toujours à critiquer ma politique, à attaquer mes talonnettes, à guetter comme le chat la souris, la moindre connerie de mes ministricules, le moindre mot de travers, le plus petit dictateur reçu en grandes pompes. »
Saint-Nicolas ! Toujours suivi du Père Fouettard.
« Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c'est la règle », a, l'œil sévère, autoconvaincu de la remontée de sa cote de popularité, claironné Nick the First.
Comediante. Tragediante.

Le fait divers sur lequel Nick the First s'appuie pour donner un coup de griffe à l'un de ses ennemis intimes, la Justice, et un coup de talon pour sa reconquête de considération en vue de 2012, est bien sûr celui de l'assassinat de la jeune fille disparue, dont on a retrouvé une partie du corps démembré. Abominable crime, bien sûr. Odieux. Insupportable. Impardonnable.


Le « présumé coupable » (sic), Tony Meilhon, considéré comme multirécidiviste, n'a pas été l'objet du suivi des obligations auxquelles il devait être soumis. Les responsables selon le grand petit homme de la rue du Faubourg Saint-Honoré :  les conseillers d'insertion et de probation de l'administration pénitentiaire ou des services judiciaires. Ceux-ci arguent d'un manque de moyens les contraignant à faire le tri des dossiers à traiter. De nombreuses et régulières notes faisant état de cette carence chronique avaient été transmises à leur hiérarchie au moins depuis mai 2010, concernant le cas Meilhon.

Qui était Garde des Sceaux ? L'irréprochable Alliot-Marie. Le remaniement fantoche a bien fait de la recaser aux Affaires étrangères, elle peut ainsi étendre le champ d'action de son talent à la planète entière, mais c'est vrai que succédant à Dati elle pouvait faire illusion.
Comment reprocher la panne de moteur quand on ne met pas d'essence dans le réservoir ?

Mais notre président n'a peur de rien. C'est même à ça qu'on le reconnaît.
Il ne craint pas de parler de « présumé coupable », tant la présomption d'innocence, pourtant inscrite dans la loi, lui paraît suspecte, même si l'affaire présente semble clairement entendue, ses propos ne cadrent pas avec la position que devrait légitiment défendre le plus haut (!) personnage de l'Etat. Un président de la République n'a pas le droit d'être transgressif.
Or, il ne fait que cela depuis cinq ans et demi, transgressant tout, notre langue en premier lieu et finalement la fonction qu'il habite. Garant des institutions, il devrait soutenir la magistrature, éventuellement réformer le système s'il ne fonctionne pas bien... Non. Il s'incarne en accusateur, se positionne hors toute responsabilité. On le croirait dans l'opposition, si on n'avait la triste certitude qu'il dirige le pays. Lorsqu'il réforme, il le fait dans un unique sens comptable, sans souci du bon fonctionnement de la Justice, tout comme il le fait en matière d'éducation ou en matière de santé publique. Avec pour seul outil politique la péroraison et comme action la sanction de ceux qu'il considère comme des lampistes.

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francoise perrolle 04/02/2011 18:18



Ce qui m'insupporte, c'est que, quoi qu'on dise ou qu'on fasse, il en sort victorieux . Cette impression de brasser du vent que je ressens souvent est vraiment douloureuse et exaspérante .



francoise perrolle 04/02/2011 14:54



Tu as peut-être lu ma réaction d'hier, à chaud, sur les paroles de ... lui, là !!!


Je l'ai dit moins bien mais c'est la même substance .


Je suis persuadée qu'il sait, quelles que soient les réactions scandalisées de tous les citoyens sensés, que ce qui restera dans la tête de ses électeurs qui ne voient pas plus loin que le bout
de leur nez, ce sera qu'il a eu le courage de défendre le petit peuple affligé, seul contre tous !!!


J'en enrage d'avance !!!


Ravie de te re-lire, m'sieur l'Ours,


Framboise



L'ours 04/02/2011 17:52



Bien sûr qu'il sait quel impact ont ses paroles. C'est le métier des hommes politiques. C'en est d'autant plus affligeant. C'est là le véritable populisme. A sa décharge, il n'est pas le seul, ce
qui ne nous console pas non plus.