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Sans perversion aucune, je reviens sur Zemmour

Publié le par L'ours

En réponse à un commentaire de Cruella, je reviens sur Zemmour.

Les cités ne sont pas des usines à fabriquer des délinquants, affirme Cruella, prenant pour postulat qu'Eric Zemmour a grandi dans une cité a fréquenté les mêmes écoles que les gens de son quartier et n'a pas versé dans la délinquance...

Les cités ne sont pas des usines à fabriquer des délinquants… je ne saurais affirmer la même chose de manière aussi péremptoire pour y avoir vécu quelques années jusque dans les années 90, ce, dans deux sortes de cité.

La première, à Saint-Gratien, celle de ma jeunesse (années 60 à 80), ne concentrait pas les familles pauvres, mais abritait des familles où les parents travaillaient (sans pour autant être riches, mais qui s'en sortaient), avaient une vie sociale et culturelle non confinée, ouverte sur l'extérieur. En outre, elle n'était pas très étendue.

Dans la seconde, à Villetaneuse, bien plus grande, les gens y étaient en grande majorité dans la même situation : chômeurs, salariés pauvres, déclassés, n'ayant pour environnement que la cité, la ville et les communes alentour composées essentiellement de cités (dont certaines ne connaissaient pas de problème). La culture des jeunes y était celle d'une autodidacte culture de ghetto.

Dans la première, existait une mixité sociale, dans l'autre non. Dans la première tout le monde s'acceptait, se tolérait, en dépit des différences. Dans la seconde seuls s'y intégraient ceux qui se ressemblaient, (pas nécéssairement par le pays d'origine ou la couleur de peau) et qui "appartenaient" à la cité.

A quelques encablures de la première, dans la même ville ou celles limitrophes, d'autres cités ne présentaient pas cette mixité. Là, la délinquance commençait à y fleurir (c'était, je le rappelle dans les années 60).

Usine à fabriquer des délinquants, les cités ? Je dirais plutôt un terreau.

Mais je me garderai bien de généraliser, l'exception existe. Par nature elle reste exceptionnelle.

Zemmour a tort de prendre pour exemple sa situation personnelle et, à partir de son exception, généraliser l'anormalité du caractère délictueux des jeunes des cités. Car en l'occurence, c'est lui qui est anormal dans un environnement donné.

Je pense que le problème de la délinquance est mal posé. Qu'il ressort d'un même mécanisme que celui du fascisme, du hooliganisme, du racisme de masse et des révolutions sanglantes.

C'est l'instinct grégaire inhérent à l'homme associé au déclassement social qui créent la délinquance, et généralement les problèmes sociaux auxquels une société doit faire face. La loi du grand nombre, la nécessité de se rassembler, celle pour certains de suivre des chefs. L'intolérance (je ne parle pas ici de tolérance envers la délinquance) d'une partie de la société envers une autre renforce cet instinct grégaire, favorise le panurgisme, le comportement moutonnier et crée le communautarisme. Il peut être social, religieux, politique, il peut aussi s'affirmer sur le terrain de la délinquance, d'où la création de bandes, de gangs, de mafias.

J'ai assisté cette nuit à un incident. Réveillé par des cris venant de la rue, (j'habite un village rural haut-normand) je vis quatre jeunes gens sortis d'une voiture qui s'en prenaient à l'occupant d'une autre voiture. Celui-ci, à en croire les commentaires, avait dû commettre une maladresse plus ou moins dangereuse qui aurait pu mettre en péril la vie ou la santé d'un de ces quatre-là ou d'un de leur camarade. Le conducteur incriminé avait beau s'excuser auprès de l'autre conducteur, les quatre se montrèrent fort agressifs, l'un menaçaient de le "cramer", d'autres frappaient la tôle de la voiture du poing et du pied entre deux injures. Ils ne cherchaient pas l'apaisement, mais l'embrasement. Ils cherchaient clairement à en découdre, échauffant des esprits sans doute déjà bien montés en température par le truchement de boissons fortement alcoolisées. L'affaire se termina localement par le claquement de la portière sur la jambe du garçon agressé, par sa fuite, un dernier coup de poing sur la carrosserie d'un qui lui courait après et par un genre de course poursuite en voiture, à travers la campagne, dont je ne connais pas l'issue, possiblement tragique et assurément stupide.

Je fiche mon billet que si les deux conducteurs avaient été seuls, l'algarade n'aurait pas eu lieu. Ces quatre imbéciles à casquette se sont excités mutuellement, tout naturellement, sans même se concerter, convaincus inconsciemment que l'union fait la force et probablement dilue la responsabilité d'un lynchage en règle.

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