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Sauvée par Facebook

Publié le par L'ours

Formidable. On ne cesse de le décrier, mais quel outil que ce Facebook, numéro un des réseaux sociaux ! Il a, nous dit-on, tenu un rôle majeur dans la réussite des révolutions au Maghreb et au Machrek, pour parler comme Bernard Guetta qui ne manque de rappeler par le fait et avec justesse que la Libye fait partie soit de l'un (groupe Algérie, Maroc, Tunisie) soit de l'autre (le reste des pays arabes, avec ou sans la péninsule arabique, avec ou sans Israël) selon que les considérations soient politiques ou géographiques.
Facebook a encore une fois l'honneur de faire l'actualité sociale et solidaire. Non pas pour que l'on en déplore la politique de confidentialité à l'égard de ses utilisateurs, non plus pour que l'on s'inquiète de son caractère addictif, du danger qu'il représente pour ceux qui peuplent notre belle jeunesse et ses miroirs déformants, la maturité, et le grand âge en leur offrant la possibilité d'organiser des apéros géants. Entre parenthèses, je m'étonne que personne n'ait encore eu, par ce biais, l'idée de mettre sur pied la plus grande partouze de l'histoire. Quelqu'un a-t-il des politiques dans sa liste d'amis ?
Fermons. La parenthèse.
Enchantée de Facebook, probablement, sera cette caissière d'un supermarché Cora,qui s'est vu reprocher d'avoir récupéré, d'un client qui l'avait abandonné, un ticket promotionnel donnant droit à un hamburger dans un fast-food.
Une procédure de licenciement à l'encontre de cette dangereuse fossoyeuse d'entreprise avait été engagée par le supermarché. Le fait qu'elle soit déléguée syndicale n'a sans doute pas joué dans la décision du magasin, mais le geste de l'employée avait quelque chose de si malsain, si malhonnête, si proche de la délinquance que, accusée de vol par sa direction, entendue par les gendarmes, elle reçut un rappel à la loi, par le procureur.
L'affaire fit grand bruit sur Facebook. Les messages de désapprobation affluèrent sur le réseau social. Graffitis modernes sur murs modernes. Un vent virtuel se mit à siffler. Tant d'impopularité ! Un vent virtuel souffla sur des braises bien réelles, car les clients de Cora, eux ne sont pas virtuels, non plus l'argent qu'ils font transiter de leurs poches aux coffres-forts de Cora par l'intermédiaire de l'aimable caissière dont le salaire n'atteint pas mille euros, qui leur remet avec sourire (souvent) un ticket promotionnel pour un hamburger gratuit.
Après ce rappel à la réalité, le supermarché Cora a décidé de laisser tomber la procédure de licenciement.
Ainsi, Facebook, n'est pas qu'une contrée envahie par les promoteurs de ceci-cela, une rue dans une galerie marchande, mais un lieu ouvert où la parole peut se répandre comme une traînée de poudre.

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