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Séduction

Publié le par L'ours

Messieurs, ce papier n'est pas pour vous. Lisez-le en tapinois si vous voulez, n'en faites pas état bruyamment, ne vous exclamez pas, ne vous faites pas remarquer. Fermez vos gueules, fermez les yeux. Je ne vous renie pas, je vous écarte un instant de ma sphère, sans méchanceté, sans acrimonie, j'ouvre juste une parenthèse.

L'heure est au féminin. Douce et amène. Tiède et rassurante. Un matin d'été. Un soir de printemps. Le feu couve, rien ne rugit qui ne saurait tarder néanmoins. Un déchaînement d'amour et de tendresse. Du rire, des larmes de joie et de la folie. Espérons-le. Pour paraphraser Sacha Guitry, en inversant les propositions, j'intimerai : n'écoutez pas Messieurs, écoutez bien, Mesdames.

 

 

 

 

Il a été étudié et constaté par des chercheurs en psychologie que nos femmes, nos filles, nos sœurs, nos mères étaient sensibles à certaines choses étrangères au supporter moyen et basique de fotbal ainsi qu'au bourgeois prétendu bohème, dédaigneux et germanopratin qui déteste les accents et la moustache.

Je m'adresse à mes lectrices. Les aimées, les chéries. Je les aimerais complices et sans jalousie. Ma tanière n'est pas un harem, je ne suis pas homme à collectionner les objets ; pensez donc, des femmes-objets !

Mais j'aime l'amitié et la paix, et ces deux états nécessitent la tolérance, la complicité entre les êtres, l'affection et la juste reconnaissance de ce qu'ils sont. Moi je n'étais rien et voilà qu'aujourd'hui, je m'adresse à une multitude de femmes, débarrassées pour quelques temps d'une autre présence masculine que la mienne. C'est un plaisir rare, en même temps qu'un honneur. J'aime la compagnie des femmes. En dépit de l'âge, des origines, des formes. Ne compte que l'être, la sensibilité. Et l'humour également.

La séduction, la vôtre, dont je suis la cible ressort de fils invisibles et mystérieux tissés entre vous et moi. Tenter de l'expliquer, vaine entreprise, n'aurait pour effet que d'amenuiser le charme et n'en résulterait qu'une perte de temps, un gâchis de plaisir.

Je me rêve parfois le gardien du sommeil de vos nuits. De quoi emplissez-vous vos songes nocturnes ? A quels rivages accostez-vous ? Comme, dans le sommeil, vous êtes ailleurs ! Enigmatique voyage dont vous ne parlez jamais. Territoire sacré. Replis secrets. A votre réveil vous êtes toute autre. Etais-je à vos côtés, jamais je ne le saurai. Et vos sourires n'en disent pas plus long. Rouées que vous êtes.

 

 

 

Mais vous le savez bien, havre réconfortant, que l'espace de vos bras suffit à faire oublier les peines et les désillusions que ce monde apporte. Bâtisseuses d'âme, vous êtes. Vous faites oublier Saturne et on se surprend à faire la nique à son maudit sablier, vous faites fleurir la joie le long de votre chemin, vous parsemez la vie de vie. Votre fantaisie instille le doute à l'ennui. Vous n'êtes pas des poètes, vous êtes la poésie. Et aux heures ardentes, sans crainte aucune vous n'hésitez pas à incendier le paradis sans pour autant le transformer en enfer. Ça tient de la magie.

Une magie diabolique jurent ceux qui ne vous aiment pas, intégristes de tous poils. Sale engeance d'une stupidité sans nom. Tout autant est empreint de stupidité celui qui a décrété un jour que votre sexe était faible. Il n'y a pas plus vaillant combattant qu'une femme. Son combat est sans objet, il est la vie même. Accrochées à la réalité, vous la façonnez, vous la bastonnez à l'occasion, vous lui faites les yeux doux. Toujours elle vous cède.

 

 

 

 

Car vous savez y faire. Expertes dans l'art de la séduction, vous ne sauriez en expliquer toutes les techniques tant vous en êtes pénétrées. Cette séduction semblable à un parfum, qui vous devance, dont vous êtes inondées, qui resplendit de vous telle une lumière solaire dont vous savez varier l'intensité.

Que l'on vous laisse libres pour mieux vous permettre de diffuser, telles les roses, l'infinie palette de vos exhalaisons. Rien que le beau, le doux, le tendre ne doit prétendre à votre accès. Et en demandant la permission, encore ! Poliment, posément sans artifice, mais sans lâcheté, sans soumission et adroitement. Aux rugissements, aux grognements, vous préférez les musiques stellaires.

Le chant des étoiles assourdit les fanfares martiales. Le vulgaire n'est pas pour vous, et si vous aimez la liberté, la vôtre, il ne vous est pas supportable que celui qui s'adresse à vous ne dispose plus de la sienne.

 

 

 

 

Après, seulement vous vous donnez et en juste retour des choses, on se donne également.

 

 

Il a donc été étudié et constaté par des chercheurs en psychologie que nos femmes, nos filles, nos sœurs, nos mères étaient sensibles à certaines choses étrangères au braillard épris du jeu de la baballe ainsi qu'au bourgeois prétendu bohème, dédaigneux et Châtenaysien bon teint hanté par le polo Ralph Laurens, qui déteste tout autant qu'à Saint-Germain des Prés, les accents et la moustache. Et ces braves têtes pensantes ont découvert que le moustachu d'hier incitait davantage la gent féminine à s'intéresser à la mâle séduction que le mal rasé bobo d'aujourd'hui.

En clair, l'étude le montre, jouez-y du Cabrel plutôt que du Delerm, si vous voulez attraper la gisquette.

Ces chercheurs qui se sont donné pour Graal la vérité sur les choses de la vie et les comportements humains, des universités de Bretagne-Sud et de Paris-Sud ont observé les façons de 87 jeunes (18-20 ans) femmes, ignorantes du véritable objet de l'étude. Elles pensaient qu'on allait les questionner sur des biscuits ! Les bécasses ! On auscultait leur âme.

Dans une salle d'attente, on fit patienter la moitié des participantes. Un haut-parleur chantait du Francis Cabrel, Je l'aime à mourir. Celles qui constituaient l'autre moitié du panel (comment ces chercheurs ont-il pu séparer 87 jeunes femmes en deux groupes équitables ? En ont-il découpé une en deux, dans le sens de la longueur ?) étaient contraintes d'écouter Vincent Delerm à L'heure du thé. Chacune des femmes devait ensuite converser biscuits avec un homme, tout autant séduisant que vos maris et amants et moi.

L'homme quelconque, donc, devait au cours de cet entretien sucré et croustillant tenter de séduire la jeune femme et finissait par cet apophtegme aussi élégant qu'imaginatif : « Je m'appelle Antoine. Tu sais, je te trouve très sympa et je me demandais si tu pouvais me donner ton numéro de téléphone ».

Plus de la moitié des jeunes femmes ayant écouté la chanson de Cabrel auraient offert leur numéro alors que celles qui avaient dû subir Delerm n'étaient que 27,9% à répondre quelque chose du genre « tiens mon Kiki, tiens mon Coco, tu l'veux, le vlà mon numéro, vas-y Tony, vas-y Tonio, vas y fais-moi ton Roméo ». L'une aurait préféré, paraît-il, terminer pas « vas-y fais-moi du rodéo ». Epoque licencieuse !

 

Mes chères lectrices, je vous laisse méditer sur tout ça. Juste vous mettre un petit fond sonore, le temps que vous me disiez ce que Cabrel a de plus que Delerm. A part le talent, bien sûr.

 

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Enchantée 28/06/2010 15:40



Bonjour, enchantée, j'ai suivi un lien laissé par un de ces hommes rares, qui m'a menée jusqu'à vous.


De Delerm, je ne connais que le père, Philippe, qui a écrit de savoureux petits bouquins. Le fils, j'ai dû l'entendre à la radio sans savoir que c'était lui. Les tests et vous avez donc raison :
cet homme-là laisse indifférent.


Cabrel, pourquoi Cabrel ? personnellement c'est un des rares chanteurs français qui m'atteigne à travers ses chansons. Sans doute parce qu'il n'a aucune suffisance, parce qu'il dit les choses
avec beauté, celle des mots, celle des images que ceux-là font naître.


Le plus laid des hommes, s'il a une beauté intérieure, sera plus séduisant auprès des femmes qu'un apollon intéressé par le foot et le tuning. (je parle des femmes, évidemment, pas des dindes)


Ce qui est regrettable, c'est que la réciproque soit généralement différente. La beauté, pour les hommes -excepté peut-être une minorité dont vous êtes probablement- n'est pas suffisante à
l'intérieur, il ne leur suffit pas de la percevoir, il leur faut la voir, la palper, l'exposer s'il s'agit de leur compagne.


Quand une femme a auprès d'elle un homme dont la beauté intérieure (et ses affluents qui sont la douceur, la tendresse, la gentillesse...) est vraie, elle n'a besoin de rien d'autre. Qu'il soit
jeune, âgé, beau, laid. (je parle des femmes évidemment, pas des suçeuses de cartes bleues)


C'est vrai que vous écrivez très bien, et qu'il est agréable -en plus d'être intéressant- de vous lire.


Je reviendrai.


Bons questionnements  ;o)



L'ours 29/06/2010 09:57



Bonjour Enchantée, enchanté z'également. C'est joli, ça, les affluents de la beauté intérieure. Je ne suis pas un saint.


Je voyais cette nouvelle, ce matin, près d'une femme française sur cinq (19%) souhaiteraient avoir le corps d'Angelina Jolie. Je pense que pas loin de 10 hommes sur 10 souhaiteraient également
avoir le corps d'Angelina Jolie... à portée de mains et plus si affinités. Et voilà le truc qui compte pour moi : les affinités.


Revenez, vous êtes la bienvenue.



Caritate 28/06/2010 14:16



Putain con, tu fais chier ! Oui, parce qu'il n'est pas aisée d'avouer qu'on est touchée, remuée juqu'aux tripes, ruisselante de larmes à lire tes mots, à penser que des hommes comme toi
existent, des hommes qui osent penser et dire... sentir et dire... aimer et dire... J'espère de tout coeur qu'une femme, elle aussi, te chante : Je t'aime à mourir.



L'ours 28/06/2010 14:49



Mais non, je ne fais pas chier ! Bisous Carlita.



Perrolle Françoise 28/06/2010 13:50



Faut que je me creuse !!! mais c'est très bô !!!



L'ours 28/06/2010 14:50



Pas bôbô, j'espère ! Je t'embrasse Framboise.