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Statistique, lynchage médiatique et vide culturel

Publié le par L'ours

Il aurait affirmé que les Noirs et les Arabes sont plus contrôlés par la police parce que les dealers arrêtés et placés en prison sont en majorité ou en grande partie des Noirs et des Arabes. Zemmour, bien sûr. De là partit la polémique (du grec polemos : guerre) et non pas pomelos pamplemousse. Et de la polémique, lynchage médiatique.
C'est beaucoup de bruit pour pas grand chose, finalement. "Je ne partage pas la majorité des prises de position de Zemmour,  mais je lui reconnais le droit de s'exprimer sur tous les sujets", entend-on fréquemment dans la bouche de ceux qui défendent la liberté d'expression, citation de Voltaire à l'appui. C'est beau comme l'antique. J'approuve également. Ça en devient un lieu commun comme de dire que "la guerre c'est mal". Mais qu'y puis-je, je pense comme ça. Je lieucommunniserai donc. J'abhorre Anastasie et ses fils, censeurs de tout poil. Zemmour est un garçon brillant. De droite, mais brillant. De droite et brillant. L'un n'implique pas l'autre et l'un n'empêche pas l'autre non plus.
Des associations réactionnaires de défense des minorités, et je suis au regret de les qualifier ainsi, montent au créneau et hurlent au racisme, à la pensée nauséabonde, attaquent, s'ébrouent jusqu'à ce que le tapage rende la raison inaudible, devancées par la presse, et y compris par l'émission même d'Ardisson par laquelle le scandale est arrivé, puisque la séquence où Zemmour s'est exprimé était déjà intitulée "Zemmour dérape". Dérapage contrôlé d'Ardisson, semble-t-il donc.
Une réponse nette et simple aurait suffi pour couper court à toute polémique : la statistique. Le dénombrement des personnes incarcérées pour trafic de drogue et accessoirement pour d'autre délits. Statistique à laquelle il aurait fallu ajouter une étude sociologique, et une explication de la relation qu'il peut y avoir entre l'environnement social et la délinquance. Il aurait également fallu se poser la question de savoir s'il existe, et si oui lesquelles, des relations entre la petite délinquance et la grande criminalité, la petite délinquance et le monde politique, et également essayer de déterminer pourquoi les pouvoirs publics – pas seulement la police et la Justice – ne peuvent enrayer le développement de cette délinquance, son économie parallèle. Il aurait fallu se demander pourquoi de jeunes gens choisissent la marge de la société, la marge violente, parce qu'il en existe une qui n'est pas violente, et en premier lieu s'ils la choisissent ou s'ils sont déterminés par leur milieu à plus facilement y verser. Par ailleurs, il aurait fallu expliquer si le fait de la statistique dans la mesure où il est avéré (à savoir il y a plus de Noirs et d'Arabes dans la population des dealers et des délinquants) suffit au policier de base pour contrôler un type particulier d'individus, ou si d'autres critères n'entrent pas en jeu : l'âge, l'aspect vestimentaire, les type et niveau de langage, le lieu du contrôle, etc. Il aurait également été intéressant d'étudier le taux de racistes dans la population fliquesque.
Bref, il aurait fallu expliquer pourquoi notre société exclut et s'étonne des conséquences de ses actes passés. Il aurait fallu expliquer pourquoi il existe de telles disparités de moyens financiers et culturels dans notre société, il aurait fallu expliquer la volonté de séparer les "pauvres" et les "riches" dans des quartiers et des villes bien différenciés, la détestation des uns pour les autres, il aurait fallu démonter les mécanismes du racisme et de la discrimination sociale. Il aurait fallu expliquer pourquoi notre société choisit la voie du communautarisme pour s'autogérer plutôt que celle de l'échange.
Il aurait aussi fallu expliquer que si la violence est naturelle à l'être vivant, l'exploiter dans la vie culturelle courante (cinéma, télévision, etc.) est peut-être un problème et risque de l'ériger en modus vivendi, de la présenter comme modèle.
Personnellement, je ne pense pas qu'un type de population soit mauvais ex nihilo, ni bon, par ailleurs, je ne ferai pas d'angélisme. C'est la confrontation des uns et des autres qui pose problème. Celle du xénophobe et de l'étranger, par exemple. L'homme seul ne crée pas une société, mais la société influe sur la vie de l'homme social. Et à quoi elle passe son temps la société ? A faire de la polémique et à se demander si tel ou tel a le droit de s'exprimer. On n'est pas arrivé.

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cruella 05/04/2010 00:30



L’enfant de la cité, Eric a fréquenté les mêmes écoles, il a eu les mêmes profs, mais il a travaillé, lui. Ses parents
ont fait le nécessaire pour l’empêcher de trainer bêtement dans les rues et les cages des escaliers  et devenir ce qu’il est aujourd’hui, un homme
cultivé et intellectuellement brillant. Les cités ne sont pas les « usines » à fabriquer les délinquants et il en est la preuve vivante. C’est cela que « la meute »
antiraciste ne lui pardonnera jamais ! Les vrais responsables de la délinquance grandissante sont les parents.



L'ours 05/04/2010 10:16



La réponse est là.