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Tout est dans la nuance

Publié le par L'ours

Nous, l'Etat, car nous sommes une soixantaine de millions de petits Louis XIV, avions consenti un prêt au fabriquant de vroumettes PSA, fleuron chevronné de notre industrie automobile, nous disait-on sur les ondes, bien différent de ce sale délocalisateur qu'est Renault. Ce n'était pas un petit prêt, du genre de celui que le consommateur parvient à décrocher à sa banque renflouée elle aussi, mais un gros prêt, 3 milliards d'euros, une paille pour un budget à sec, à récolter au fond de caisses dont on nous assurait depuis le début d'un certain quinquennat qu'elles étaient désepérément vides. Mais on jurait ses grands dieux qu'en contrepartie, PSA ne fermerait aucun site, ne licencierait pas. Promis, juré, craché. On avait topé, puis serré la main.

Ô légèreté de la parole donnée.

Début 2010, PSA fermait un site à Asnières, qui produisait des suspensions. Oh pardon, non pas une usine, mais "un atelier" ! Un atelier rattaché à un site, celui de Saint-Ouen. Nuance !

Aujourd'hui, PSA Peugeot Citroën annonce que d'ici à 2012, fermera le site de Melun-Sénart, un site de gestion de pièces détachées. Près de 400 postes seront supprimés qui s'ajouteront aux 200 sur ce site qui font déjà partie des souvenirs. Ne s'était-on engagé à ne pas fermer, ne pas licencier ?

Bédame, on ne licencie pas, on compte sur les départs volontaires, les mises à la retraite, les décès, et on reclasse en interne ; par ailleurs, on ne ferme pas une usine, on ferme un magasin ! Qui plus est, à travers la réorganisation de la logistique, on va même créer de l'emploi... A Vesoul ! Ah ah ah ! Alors, elle n'est pas belle la vie ? Vous n'y croyez pas ? C'est votre problème, méchants pessimistes que vous êtes.

On est très fort à la direction de PSA. Très fort au jeu des chiffres et des lettres. Lorsqu'on a remporté la partie calcul, il faut savoir jouer avec les mots.

Le prêteur ne se fait pas enfler, l'emprunteur réorganise, nuance.

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