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Un mariage et un enterrement

Publié le par L'ours

Et voilà le grand jour advenu. Ils vont graver leurs noms au bas d'un parchemin.

Devant Dieu et devant les hommes, les deux jeunes gens vont s'unir. Sous le sceau de leur engagement formel et mutuel : la fidélité et le partage, la protection et la solidarité.

La société conviée à l'intime donne, par la cérémonie et l'échange d'anneaux – symbolique enchevêtrement de chaînes, l'autorisation de forniquer comme truie et verrat, ce que, si l'exercice est pratiqué en l'absence des liens sacrés, réprouve le grand manitou, ou du moins est-ce la traduction des grands sorciers qui interprètent sa pensée secrète, et ce que commente la société, offusquée ouvertement, mais vaguement envieuse dans les replis muets de sa considération.

Pour le meilleur et pour le pire, ils partageront tout. Il portera les courses, elle portera l'enfant.

Ils étaient deux, lui dans sa robe blanche, elle dans son habit de parade, ils ne forment plus qu'un. Un magnifique tout. Une merveille de yin et de yang. Lune et Soleil, froid et chaud, ombre et lumière, petit trou clair, petit trou noir.

Autant dire que la voix féminine de ce nouvel édifice humain résonnera avec la même force, la même intensité, la même importance que la voix rauque et sourde de la part mâle du couple sous peine de voir ce dernier claudiquer. Quoi de plus triste et de plus affligeant qu'un grand tout brimbalant qui clopine ?

La part décorative du grand tout fournie par le monsieur ne saurait surpasser ni servir la part fonctionnelle imposée par la charge de la dame. Ou inversement.

A moins que, le marché ne soit de dupes. En perdant son nom, la femme épousée consent à se séparer de son passé, abandonne officiellement sa jeunesse et s'offre à un avenir tout neuf.

Contrairement à la part masculine, la part féminine du grand tout arrive vierge à la naissance d'icelui. Mademoiselle Finemouche, devenant madame Moustique se doit de créer, de s'adapter. Elle se fond dans le nom de son mari, qui lui reste immuable. Ses anciens amis, ses relations de femme célibataire n'ont plus de son identité propre que son prénom. Monsieur Moustique demeure tandis que disparaît Mademoiselle Finemouche.

Un mariage ? Un enterrement de première classe, plutôt.

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Carlita 29/04/2011 12:40



Toute femme ne développe pas sa plussoyance.