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Vive l'amour

Publié le par L'ours

Comme c'est bon de se sentir aimées ! Oh ! Comme on nous aime. Comme c'est doux. Tous les cinq ans. Pendant trois mois, on nous aime, passionnément. On nous promet des jours magnifiques éclairés par la lune, qu'on aura été décrocher tout exprès pour nous.

On exige la vérité pour nos oreilles, du respect pour notre considération personnelle, de la sécurité pour nos porte-monnaie et promis-juré-craché, on va nous apporter tout ça sur un plateau, avec des fleurs, peut-être bien.
Nous sommes des petites chéries. Oh ! On ne va pas nous dire de grossièretés, du genre « t'es bonne, toi, une bonne pute à tringler et à faire casquer », non, pas question de nous effaroucher. Les sagouins, les menteurs, ce sont les autres prétendants. D'un coup d'un seul, nous voilà délicate, faut prendre des pincettes, nous flatter le minois. Pas balancer la paluche direct au valseur comme le ferait un mac et regarder l'état de nos dents avec des façons de maquignon. Taratata, on nous respecte. « Laisse-toi faire, je te ferai la vie douce », le joli refrain. Croix de bois croix de fer, nous aurons notre mot à dire dans le couple. Nous déciderons de l'avenir du ménage. On nous posera les questions d'importance. Et on nous chante la méchanceté et la fausseté de celui-là, façon Dalida « Paroles, paroles », et on nous dessille les yeux sur l'hypocrisie de tel autre, sur son incurable névrose pathologique, et on nous informe sur la mollesse ou l'irresponsabilité de celui-ci. Les autres sont exécrables ! Ne nous le répète-t-on à l'envi ? Ils ont tous raison, le pire.
Pauvrettes que nous sommes, si fragiles, si naïves ! Des bergères. Et il y a tant de loups que c'en est une pitié de voir l'état dans lequel on marine ! Voyez pas là une allusion. Oh que de promesses à la gentille fiancée que nous sommes. Comme si elle était bien dotée, riche en or et en demeures. C'est pas le cas. Ou alors experte en mamours, qu'on nous recherche à un tel point à vouloir notre bonheur ? Mais pas folle la guêpe, on le sait bien que dans deux mois, une fois la bague au doigt, les beaux rêves s'évaporeront dans des volutes chimériques.  Et le « tout ira bien » d'hier se transformera en « ça va de mal en pis » et qu'on se fera malmener, et injurier de plus belle si ça se trouve.

Tous les mêmes, ces barbeaux.

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