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Vivement la retraite

Publié le par L'ours

Alors, tout serait déjà plié ! Façons de forbans. La réforme des retraites, bien sûr. Ça gouverne. On décide, puis on invite à discuter, on négocie, on a l'air consensuel, on fait mine d'ouvrir le dialogue pour la galerie, pas donner le sentiment d'être autocrate, cause toujours.
Les opposants, les partenaires concèdent sur certains points, font contre mauvaise fortune gros cœur, pensant sauver quelques principes, conserver quelques acquis, c'est bonnard, ils creusent leurs tombes. S'ils discutent, ils sont déjà dans l'acceptation. Ils ont perdu. Finalement, après avoir bien noyé le poisson, perdu le temps nécessaire à lui embrouiller les ouïes, qu'il comprenne plus rien, on en revient à ce qui avait été décidé, laissant les interlocuteurs d'hier à leur faiblesse de ne pas avoir exigé l'application d'une autre solution. Ce sont eux qui demain seront rendus responsables des reculades sociales. Pour pas avoir su dire non, pour avoir collaboré au désenchantement. Pour avoir signé la reddition sans condition.
Avoir l'air de préserver. Marasme. Déficit. Générations futures. Obligation, trop de vieillards ponctionnant le trésor. Ah ! le gouffre. Et la crise, et l'Europe. Les voisins idem. L'exception hérésie. Travailler plus, plus longtemps. Cotiser plus cher. Sacrifice.
Malin. Ne pas toucher, dans un premier temps, aux régimes spéciaux dans la fonction publique, les transports publics, l'Education. Surtout, le faire savoir. On instille l'idée de privilège du cégétiste installé, d'inégalités entre salariés, ça fait mieux passer la pilule des inégalités tout court. Y en a ? Oui. Les couillons s'en émouvront sur répondeur à Europe1, dans des microttes sur TF1. Ah ! Fonctionnaires ! Pas normal, pas égal, pourquoi pas moi ?
Ça divise. Ça régnera mieux. Amadouer. Avoir l'air de protéger. Faire râler à Télé-Bouygues et Radio-Lagardère. Pas oublier Bolloré. Editorialiser Figaro – Point – Paris Match, j'en oublie PQR – VSD – JDD. Presque tout est acquis.
Pendant ce temps, le chômage ne recule pas. Pour personne, ni jeunes, ni salariés expérimentés. La volonté d'embaucher ? Nib ! Pas fou, non ? Le but ? La gratuité du travail des autres quand c'est possible. Du moins cher, sinon. Règle d'or ! Toujours moins cher dans le débit, toujours plus dans le crédit. Du flexible. De l'adaptable. Salarié outil. Consommateur vache à lait. Même plus besoin de graisser, quand l'outil est cassé, on en change. Quand la vache n'a plus de lait, on trouve d'autres bovins et on s'en prend aux chèvres. Et on communique.
Des menaces aux malveillants qui ferment sans autre nécessité que d'arrondir le magot ? Des obligations à embaucher ici et maintenant, sans subventions ? Rigole. L'amitié est sacrée. Pas touche.
L'esprit salingue ? Où tu vois des remords ? Ça s'oublie au Champagne, le cul au frais en plein yachting ou au chaud à Courche ou Gstaadt. Et puis même pas, on y pense pas aux petites ignominies qu'on fait subir aux foules. On est dans le fonctionnel, pas le philanthropique. Y aurait peut-être même une pointe d'orgueil amusé. De bonne jouissance. De la volupté de caste. Du plaisir d'entre-soi. Quand on a le pouvoir, foin de Raison, on serait bien jobard de ne pas l'exercer à fond. Et puis faut penser à la progéniture. Si le temps se gâte, restera la force physique à faire appliquer par les amis qui sont en charge des lardus. Inconcevable, qu'il serait, d'agresser l'entreprise et de demander des comptes au patron. Indignation, figure de victime. Ouh les mauvaises gens ! Qui viennent crier vengeance. Ils disent justice. Qui font parler violence. Ah les primaires ! qu'on les mate, qu'on leur envoie gardes mobiles. Lacrymos, flashballs, bastonnade. Si ça empire, on a réserve de joyeusetés.
Cette plèbe qui voudrait vieillir dans la ouate ! Qu'ils triment, et qu'ils casquent pour la douceur ; qui parlent exploitation où je n'entends que travail, efficacité, pragmatisme. Principe de réalité pour tout dire. Quoi la vie ? J'ai la mienne, ils ont la leur. Ce n'est facile pour personne. Ce n'est pas facile pour tout le monde. Voilà tout.

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Chr.Borhen 27/05/2010 21:39



Supprimons le travail, et, du coup, on supprimera le problème de la retraite.



L'ours 28/05/2010 19:26



CQFD, le taulier, CQFD.