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Lettre de Ludwig von B. à Elise

(Musique : F. Schubert – La truite)


Si tu savais Elise
Comme je ne peux plus supporter
Cette scie qui te grise
Qu’un jour je t’ai dédiée
Je reste sourd à te demande
Je ne ferai pas ce concert
Malgré que j’appréhende
Ta terrible colère

Je dis non chère Elise
Je ne vais pas la rejouer
C’est une balourdise
Que je n’ai jamais aimée
Même si tu en es friande
L’œuvre n’était qu’alimentaire
Qu’il fallait que je rende
A son commanditaire

Ton cœur ma tendre Elise
Est bien difficile à garder
Je me ridiculise
A tant et tant refuser
Alors que chatte tu quémandes
Cette bluette épistolaire
Il faut que je suspende
Notre doux séminaire

Jamais plus de ma vie
Je n’toucherai ce piano
Car tu me crées ma belle amie
Des embarras intestinaux
Mais bien que tu me réprimandes
Grinçant des dents roulant les R
Que mon âme je rende
Si je rejoue cet air

Vois-tu ma chère Elise
Tu me trouves un peu dépité
Cette infâme sottise
J’enrage à l’interpréter
Faut-il encore que j’entende
Ces pleurs et ces pauvres prières
Ces injures que tu scandes
Rien ne pourra y faire

C’est est assez Elise
Nous ne pouvons pas continuer
Les oreilles tu me brises
A toujours la réclamer
Sans cesse tu me vilipendes
Je t’aime mais tu m’exaspères
Il est temps qu’on détende
Calmement l’atmosphère

Sur ta missive Elise
Cesse de larmoyer
Toutes tes hystériques crises
Me contraignent à t’ajourner
Mais bien que tu me le défendes
Rester me porte sur les nerfs
Remets-donc aux calendes
Grecques, le pli amer

Voilà ; jolie Elise
Maintenant, je dois m’en aller
Vers une terre exquise
Trouver la sérénité
Demain, je m’exile en Irlande
Je pars me mettre un peu au vert
Et pêcher la limande
Avec mon pote Schubert

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