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Rien de tel qu'une vierge pour le petit homme et sa queue

Publié le par François

Fourniret le savait bien, lui, et les "martyrs" d'Al quaïda à qui ceux qui parlent au nom d'Allah en promettaient un nombre irraisonnable dans un paradis extraterrestre, rien de tel qu'une vierge, pour honorer l'homme de la tête à la queue.
La Justice française dans la haute considération qu'il a de l'homme, de l'homme au sens spécifique, pas générique, a accordé à un frais époux, hier, à Lille, l'annulation de son mariage pour la seule raison que sa fraîche épousée n'était plus vierge.
Déshonoré, qu'il se sentait au soir de ses noces, il avait en juillet 2006 assignée sa nouvelle femme en justice qui l'avait assuré de sa chasteté, ce qui constituait la condition sine qua non à leur union, le tribunal lui a donné raison. La menteuse, la fautive, en un mot la salope avait déjà connu le loup, du coup, il y avait tromperie sur la marchandise. Quoi, pas même un petit bout d'hymen à déchirer, alors qu'on lui avait promis du sang frais à déguster.
Il ne pourrait parader à la fenêtre, les doigts fièrement soudés sous les bretelles, après avoir exhibé le drap nuptial souillé du sang féminin.
Il s'en est ouvert au petit matin à son papa qui manu militari a reconduit l'ignoble femelle dans sa famille, le front haut, sûr de son bon droit de chef de famille floué. A défaut d'hymen, la justice a tranché rendant grâce à Monsieur, et jetant une juste opprobre sur le jeune femme, au prétexte qu'elle avait menti sur (l'une des) "qualités essentielles de la personne".
Ah qu'il est triste de n'être pas le premier au plus beau jour de la vie d'une femme.
Car à n'en pas douter, c'est bien d'amour qu'il s'agit. Comment une femme peut-elle réellement aimer son petit homme si elle le fait pénétrer dans un appartement de seconde main, une vulgaire occasion ? Qu'elles sont fourbes !
Et l'homme, ne cours-t-il pas un grand danger à ne pas être le premier, risquant d'entrer en compétition avec son ou ses prédecesseurs, la comparaison pouvant se conclure à son désavantage ? Si la demoiselle n'est pas naïve, Momo risque de passer pour un balourd, un égoïste, une truffe. Il y a toujours un risque à ce que ceux que l'on désire soumis soient cultivés et informés.

La barbarie a de beaux jours devant elle, tant que la justice reconnaîtra que la sexualité d'une femme ne lui appartient pas, que son corps ne lui appartient pas, que les individus (et les femmes en particulier) doivent se plier aux dictats de la religion et (ou) du qu'en dira-t-on. Que la virginité (des femmes) est encore une valeur d'appréciation de la qualité d'une personne. L'obligation faite à une fille de rester vierge, de se "préserver pour son futur époux" n'est rien d'autre qu'une violence sexuelle, une privation élémentaire de liberté d'un individu (une femme, certes, est-ce une circonstance atténuante ?).
Les violences sexuelles ont doublé en six ans ; les viols touchent en grande majorité les femmes et les enfants. Et probablement, il faudrait augmenter le résultat de cette statistique. Car la sexualité est un des bastions que les tyrans domestiques défendent bec et ongles. Le viol légal existe et perdure depuis des siècles, qui s'appelle le devoir conjugal. La justice française, donnant tant d'importance à la virginité – le pécher de mensonge à son sujet cessant d'un coup d'être véniel – vient d'entériner les délires de pureté d'un Fourniret ou d'Al Quaïda.
Elle vient de justifier les demandes (volontaires ou contraintes) de reconstruction d'hymen de la part de jeunes filles qui auront "fauté". Elle vient de faire un pas vers la reconnaissance de la charia. Elle vient de redonner un peu d'air (pur) à tous les intégristes de toutes les chapelles.

Mais dans le fond, heureusement, pour elle, que ce mariage ait été annulé, la jeune femme vient d'échapper à la perspective d'une longue vie commune avec un homme qui ne l'aimait pas réellement.


Les sabots d'Hélène
Etaient tout crottés
Les trois capitaines
L'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De les déchausser
Les sabots d'Hélèn'
Moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée
Dans les sabots de la pauvre Hélène
Dans ses sabots crottés
Moi j'ai trouvé les pieds d'une reine
Et je les ai gardés

Son jupon de laine
Etait tout mité
Les trois capitaines
L'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De le retrousser
Le jupon d'Hélèn'
Moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée
Sous le jupon de la pauvre Hélène
Sous son jupon mité
Moi j'ai trouvé des jambes de reine
Et je les ai gardés

Et le cœur d'Hélène
N'savait pas chanter
Les trois capitaines
L'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De m'y arrêter
Dans le cœur d'Hélèn'
Moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée
Et dans le cœur de la pauvre Hélène
Qu'avait jamais chanté
Moi j'ai trouvé l'amour d'une reine
Et moi je l'ai gardé

Georges Brassens
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