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Ça secoue et ça tremble

Publié le par François

Ça secoue et ça tremble. Là-bas. Mais on s'en fout. On s'en fout, parce qu'ici, ça secoue et on tremble.
Là-bas, c'est au Kirghizstan et au Tibet, et les séismes qui ont secoué les populations étaient d'ordre tellurique. Il y en a eu deux. Dimanche pour le premier, qui a fait 74 morts, lundi pour le second qui fit 9 victimes.
Ici, le séisme est financier. C'est le client du banquier qui tremble, le petit, le gros. Le petit a l'échine qui frissonne, le gros disperse alentour des gouttes de sueur froide de la taille du pouce. Le banquier tremble aussi, mais il sait qu'il sera défendu par l'Etat. Il sera épargné. Il tremble, parce cette crise génère du manque à gagner. Quoique... Peut-être pas pour tout le monde. Il le sait, le spéculateur, qu'il faut acheter quand tout va mal et vendre quand tout va bien.
Pourtant, il n'y a pas si longtemps, il nous avait un peu sorti de notre torpeur, le Tibet. Il nous était insupportable que l'odieuse dictature chinoise muselle le petit peuple en robe safran. On était solidaire du Tibet et de son moine. Qu'un vent de panique agite les bourses, le Tibet retourne sur ses hauteurs himalayesques.
La solidarité ? Attends, coco, en ce moment, c'est pas le moment, je surveille mon compte-titre.
Quant au Kirghizstan, on sait à peine prononcer son nom. L'écrire, n'y pensons pas ! Il a trop de lettres ingrates, de celles qui valent 8 et 10 au scrabble. Et ce H qui se ballade, on ne sait pas quoi en faire, ni où le mettre. A l'Est, à l'Ouest ? Comme le Khirghizstan lui-même, d'ailleurs. Ce n'est pas simple de s'intéresser à un tel pays. Ils n'ont pas un super président au Kirghizstan ? Chacun ses problèmes.
Parmi les 74 morts dans le tremblement de terre kirghize, on compte une bonne quarantaine d'enfants. Nombreux sont les blessés, les dégats sont immenses, un village est entièrement détruit, des gens ont tout perdu. On imagine facilement que dans cette région montagneuse, la température ne doit pas être clémente.
La crise elle, n'a pas encore fait de mort notable. Pas comme en 1929 où on se suicidait allègrement. On faisait les choses bien dans les années trente, à fond. La crise, c'était du sérieux. Pour s'en sortir, on s'est replié sur les égoïsmes nationaux sans crainte d'affliger davantage ceux qui l'étaient déjà. On se trouvait des bouc-émissaire. C'était bien pratique, il existait déjà depuis belle lurette. Le responsable de la crise, était, non pas le financier, mais le financier juif, non pas le banquier, mais le banquier juif, non pas le spéculateur, mais le spéculateur juif. On préparait les grandes secousses, on préparait le monde à trembler.
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