Pauvres, les riches vous détestent, et moi je n'en suis pas loin
93 millions d'euros. Non, ne réagissons pas en comptable, au long, c'est plus beau. Quatre-vingt-treize millions d'euros. C'est ce que le Real de Madrid, club de football va débourser pour payer le
transfert d'un joueur un peu connu, Cristiano Ronaldo.
C'est beaucoup. Ça fait cher du voyage. Ça n'inclut même pas le salaire du roi du pied. D'autant que s'il détient le record du plus coûteux transfert (vos médias diront "gros"), il est talonné de près par nombre de ses confrères.
Vous êtes un supporter ? Un amateur de football qui se rend au stade comme pour une fête, comme dit le lieu commun ? Un simple téléspectateur ? En plus de l'une de ces qualités, vous êtes pauvre ? Ou modeste, ou sans vous plaindre de votre salaire moyen, vous ne souffririez pas à gagner plus ?
Ne vous offusquez pas de la débauche de moyens financiers dont font preuve les clubs de foot, vous les nourrissez. Ces gens se foutent de votre gueule. Vous achetez leur spectacle, vous achetez leurs maillots, foulards et fanions, vous achetez et valorisez leur marque, vous leur faites même de la publicité gratuitement, avant de vous gaver de celle que l'on vous sert au stade ou à a télé.
Mais quoi ! C'est votre petit plaisir que de brailler et vous exciter avant, pendant et après un match, d'éventuellement de jouer à la guerre en vous foutant pour certains sur la margoulette, avant, pendant ou après un match. J'aurais beau jeu de vous reprocher quoi que ce soit. Vous aimez le foot et les footballeurs.
Certes vous buvez de la bière et eux du Champagne. Vous tortorez un sandwich merguez-frites, tandis que les bonnes tables les attendent pour peu qu'ils aient un peu de goût. Ils se soulèvent des mannequins de chez Elite et vous avez du mal à ne pas vous faire plaquer par votre mégère, qui devient insupportable, mais ce serait si dur d'en trouver une autre ! Vous roulez en Clio, eux en Ferrari. Votre patron, si ce n'est le pôle emploi, vous donne des queues de cerises et trouve que vous n'en faites pas assez. Quand il ne court pas, le footeux se détend avec un jeu vidéo, tourne pour des pubs qui arrondissent ses fins de siècle, se détend dans un jacuzzi, commence à préparer sa deuxième carrière, se détend dans une boîte de nuit, démarre auprès d'un nègre qui en fera la rédaction, le récit de sa vie et de son œuvre avec anecdotes croustillantes, se détend avec ses potes qu'il appelle sur un téléphone portable qu'il n'a d'ailleurs jamais acheté. On prend soin de ses bobos, on le masse, on lui donne ses cachous. Plus tard, il fera le beau dans les talk shows.
Et il touche ! Il touche un maximum. Plus en un an que vous en une vie de travail. Mais pauvres que vous êtes, vous n'êtes pas encore totalement secs, on peut encore presser. Votre patron va vous presser un peu plus, votre supermarché va vous presser, vos élus vont vous presser, il est légitime que votre marchand de rêve vous presse également.
Une fois bien essorés, on vous remplacera pas d'autres, pleins de jus.
Amis citrons, vive le foot. Ohé Ohé Ohé Ohé.
C'est beaucoup. Ça fait cher du voyage. Ça n'inclut même pas le salaire du roi du pied. D'autant que s'il détient le record du plus coûteux transfert (vos médias diront "gros"), il est talonné de près par nombre de ses confrères.
Vous êtes un supporter ? Un amateur de football qui se rend au stade comme pour une fête, comme dit le lieu commun ? Un simple téléspectateur ? En plus de l'une de ces qualités, vous êtes pauvre ? Ou modeste, ou sans vous plaindre de votre salaire moyen, vous ne souffririez pas à gagner plus ?
Ne vous offusquez pas de la débauche de moyens financiers dont font preuve les clubs de foot, vous les nourrissez. Ces gens se foutent de votre gueule. Vous achetez leur spectacle, vous achetez leurs maillots, foulards et fanions, vous achetez et valorisez leur marque, vous leur faites même de la publicité gratuitement, avant de vous gaver de celle que l'on vous sert au stade ou à a télé.
Mais quoi ! C'est votre petit plaisir que de brailler et vous exciter avant, pendant et après un match, d'éventuellement de jouer à la guerre en vous foutant pour certains sur la margoulette, avant, pendant ou après un match. J'aurais beau jeu de vous reprocher quoi que ce soit. Vous aimez le foot et les footballeurs.
Certes vous buvez de la bière et eux du Champagne. Vous tortorez un sandwich merguez-frites, tandis que les bonnes tables les attendent pour peu qu'ils aient un peu de goût. Ils se soulèvent des mannequins de chez Elite et vous avez du mal à ne pas vous faire plaquer par votre mégère, qui devient insupportable, mais ce serait si dur d'en trouver une autre ! Vous roulez en Clio, eux en Ferrari. Votre patron, si ce n'est le pôle emploi, vous donne des queues de cerises et trouve que vous n'en faites pas assez. Quand il ne court pas, le footeux se détend avec un jeu vidéo, tourne pour des pubs qui arrondissent ses fins de siècle, se détend dans un jacuzzi, commence à préparer sa deuxième carrière, se détend dans une boîte de nuit, démarre auprès d'un nègre qui en fera la rédaction, le récit de sa vie et de son œuvre avec anecdotes croustillantes, se détend avec ses potes qu'il appelle sur un téléphone portable qu'il n'a d'ailleurs jamais acheté. On prend soin de ses bobos, on le masse, on lui donne ses cachous. Plus tard, il fera le beau dans les talk shows.
Et il touche ! Il touche un maximum. Plus en un an que vous en une vie de travail. Mais pauvres que vous êtes, vous n'êtes pas encore totalement secs, on peut encore presser. Votre patron va vous presser un peu plus, votre supermarché va vous presser, vos élus vont vous presser, il est légitime que votre marchand de rêve vous presse également.
Une fois bien essorés, on vous remplacera pas d'autres, pleins de jus.
Amis citrons, vive le foot. Ohé Ohé Ohé Ohé.
Commenter cet article