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Besson n'aime pas Welcome, ça fait trop penser à l'ignominie

Publié le par François

On ne pensait pas que cela fût possible. On se disait que Brice Hortefeux, en tant que ministre de la reconduite des nègres pauvres et autres métèques nécessiteux aux frontières – les riches, on leur déroule le tapis rouge – constituait ce qu'on pouvait trouver de plus ignoble dans notre pays fier de son statut de pays des droits de l'homme. D'autant que le bonhomme était zélé, qu'il a dépassé ses prévisions d'expulsions. Mais c'était compter sans Besson, qui appelle à la délation : une régularisation contre une dénonciation. Qui va traquer le migrant, le clandestin, le sans-papier – comme s'il s'agissait d'un criminel – jusque chez Emmaüs.
Mais attention, pas de polémique ! Pas d'amalgame facile ! Il est ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire dans le pays des droits de l'homme, pas dans le pays des droits du bougnoule.
Heureusement que cet homme de gauche est né (à Marrakech) après l'occupation !
L'humain n'a pas beaucoup de valeur. Pourtant, en matière de migration, Besson s'y connaît, qui traverse en un temps record le paysage politique français. Et en grands principes aussi. C'est pour cela qu'il n'aime pas le film d'Eric Lioret, Welcome, qui traite de ces gens qui, coincés à Calais, n'ont qu'un espoir : passer en Angleterre, histoire de fuir la misère et (ou) la guerre.
Surtout, il n'aime pas la comparaison faite par le cinéaste dans la Voix du Nord entre les gens poursuivis en 2009 par les forces de l'ordre parce qu'ils prêtent assistance à des hommes que la République pourchasse (enfin, ses représentants) et ceux qui, en 1943, abritaient des juifs pourchassés par l'Etat français de Pétain et Laval. Ceux dont on a encensé le comportement et auxquels on a donné le titre honorifique de "Justes". Le péril encouru à protéger de pauvres gens n'est pas le même, certes – pour l'instant du moins – mais le principe n'est guère différent.
"Eric Lioret a franchi la ligne jaune" s'est énervé le chef op. Chef opportuniste, je veux dire. Trahir sans récolter de bénéfice, c'est contre-productif, ça gâterait presque le goût de la trahison.
"Suggérer que la police française, c'est la police de Vichy, que les Afghans sont traqués, qu'ils sont l'objet de rafles, etc., c'est insupportable". Oui insupportable. Surtout pour les dits Afghans.
Mais rien de tout cela n'existe, et c'est probablement un odieux discours marketing élaboré pour vendre son film que Lioret s'en prend à la très posée et très juste et très humaine police française.
D'ailleurs, quand dans une gare, la flicaille chargeant des étudiants qui manifestent, des collégiens accompagnés de leur enseignante se font rosser et arrêter, la ministre de l'Intérieur commente "il y a peut-être eu un contact entre une matraque et un estomac"... Ah comme elle manie bien l'euphémisme, la ministre pas basque – mais qui aime à répéter qu'elle l'est – de Villeneuve-le-Roi ; comme s'il suffisait de vivre sur un territoire pour y être considéré comme autochtone. Mais soyons juste, son papa, ancien maire de Biarritz était toulousain, elle a été élevée à Neuilly et suivi ses études à Paris. Quoi de plus basque comme parcours ?
Mais foin de ces digressions. "Suggérer que la police française, c'est la police de Vichy, etc., c'est insupportable" Particulièrement pour les Vichyssois qui pâtissent de l'histoire de leur ville. Tout comme les résidents du 93 rue Lauriston, à Paris qui ne trouvent plus supportable ce chiffre déshonorant puisque c'est à cette adresse que les bons Français envoyaient leurs lettres de dénonciation (concernant des juifs, des communistes, des francs-maçons, des opposants au régime, des résistants, etc., voire des voisins dont on lorgnait les biens). Au 93, rue Lauriston, siègeait la Gestapo. On y interrogeait ! Malgré la barrière de la langue, on savait délier celles que l'on jugeait trop subversives. On envoyait les indésirables se faire pendre ailleurs. A des crocs de boucher. Loin, vers l'Est. Et cette évocation déplaît à Hervé de Charette, ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Juppé (1995-1997), député (UMP) du Maine-et-Loire et, depuis septembre, président de la chambre de commerce franco-arabe. La solution : rebaptiser 93 en 91bis ou partir. C'est qu'il ne faut pas rigoler avec les symboles. Pas d'amalgame hasardeux. Surtout lorsqu'il est question de massacre, d'antisémitisme, d'Arabes et de commerce. Suffisait d'y penser, le 93 n'existe plus. On pourrait presque imaginer qu'il n'a jamais existé...
Résumons-nous : le 93 rue Lauriston n'existe pas, la ministre, maire, députée des Pyrénées Atlantique est basque, les matraques de flics ne cognent pas les crânes, les bras et les jambes des collégiens, les matraques ne font qu'entrer en contact avec de fragiles estomacs,susceptibles et probablement de gauche (ultra gauche, voire même) et il n'y a pas de traque d'Afghans candidats à la migration vers l'Angleterre.
Il n'y a qu'un cinéaste avide de publicité et Eric Besson indigné qui se bat pour que cesse une polémique exécrable et abjecte.
Tout comme son maître, il arriverait presque à nous faire regretter son prédecesseur.
En outre, il ne faut pas généraliser cette histoire de racisme en France, si le délit de sale gueule existait, Besson aurait déjà eu du souci à se faire.

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Emmanuel 11/03/2009 16:50

Salut.Je suis outré par les propos d'Eric Besson dans l'affaire Welcome.Y a des limites quand même : On ne peut pas passer ses journées à foutre des sans papiers dans des charters et s'ériger en défenseur de la mémoire de Shoah !A+PPRR