Le 11 septembre pour les "deux neurones"
La mode est à la science qui fait peur. La science qui fait peur veut créer des trous noirs, des collisions abominables de protons, des explosions cosmiques (en Suisse ! Faut être gonflé, c'est là
que roupille tout le pognon ! ) La mode est aussi au génétique. Plus d'enquête, plus de suspect, sans empreinte génétique à récolter sur un joli grand coton-tige. Où y a pas de gène, y a pas de
plaisir. La science qui fait peur bricole le génétique.
Imaginons un scientifique qui fait peur. Il décide de créer un être neuf. Muni de tout ce qui fait un humain, des pattes, un corps avec des organes élégants ou des viscères dégueulasses dedans. Et une tête. Mais une tête bidouillée. Une tête qui réfléchirait bien. Comme un ordinateur. Ça tombe bien, la mode est aussi aux ordinateurs. Un ordinateur dans la majeure partie des cas, ça fonctionne avec des Oui et des Non. Pas d'alternative, Oui ou Non. Ya pas à tortiller, suçoter son crayon, hésiter, tergiverser, c'est Oui ou Non. Entre les deux, basta y a pas ! Ou on court à l'erreur système.
Bien. Nous avons notre être neuf avec ses viscères, ses pattes et sa tête toute neuve, binaire. Le scientifique qui fait peur y a implanté deux neurones qu'il a récupéré dans un loinquet. Un neurone pour le Oui, un pour le Non. Puis on y enfourne des idées, des images, des mots. On lui donne de l'événement. Du lourd. L'événement est tellement monstrueux que la tête à deux neurones a du mal à réaliser ce qu'elle voit sur le petit écran. On lui explique ce qui se passe. On lui donne des noms à épingler sur ceux qui agitent ses sentiments. Malheureuses victimes, assassins sanguinaires, fous, peuple, gouvernement, administration, Etat, état voyou, terroristes.
L'événement est tellement monstrueux que l'on veut le voir, le revoir, encore et encore, du moins c'est ce qu'on semble penser dans les chaînes de télé qui passent en boucle l'événement à longueur d'émissions exceptionnelles intitulées "Spécial 11 septembre" ou "Spécial attentats". Donc, on le voit, on le revoit, encore et encore. A chaque fois, la même horreur, les mêmes mots, les mêmes commentaires. L'événement est devenu fondamental. La version de l'événement que l'on connaît par cœur est la même que celle de notre voisin, et de tous les voisins du monde. A quelques exceptions près. Parmi lesquelles les terroristes et ceux qui les soutiennent, ainsi que les idiots ou les distraits qui lors de l'effondrement des Twin Towers attendaient l'apparition de Bruce Willis et se disaient que le film était bien long à démarrer. Concernant le 11 septembre, on peut tabler sur une certaine pensée commune. On considère l'événement dans son intégralité, commentaires et analyses compris. Il serait bien inconvenant par égard pour les victimes de parler de logique, étant donné la politique de domination qu'ont toujours menée les Etats-Unis sur le reste du monde. Il serait bien inconvenant de ne pas être sidéré, bouleversé, désespéré, triste à jamais.
Pour évacuer toutes les larmes et les cauchemars, on va faire appel à la solennité. A la religion aussi. Faire bloc. Et par la même occasion, porter face à face Islam et Christianisme. Il serait bien inconvenant de mettre sur un même plan ces religions. Il faut marquer les choses. Le bien et le mal. Le barbare, le civilisé.
Devenant une référence absolue de l'horreur, l'événement entre dans le sacré.
Avec sa sacralisation, le 11 septembre est devenu un tabou. Non pas qu'il soit interdit d'en parler. Il est interdit de sortir du chemin intellectuel et moral tracé. Seule n'ont droit de citer que la version, l'analyse et le commentaire de l'Etat, relayés par les médias. Pas de place pour le détail. Il faut tout prendre ou risquer de passer pour un salaud et affronter un procès en sorcellerie, modern' style.
Pourtant, Jean-Marie Bigard n'est pas un salaud.
L'humoriste scatholique, dans l'émission de radio de Laurent Ruquier sur Europe 1 a – je l'ai entendu – raconté que des gens diffusaient sur Internet (et ailleurs) des documents visant à réfuter ce que dit l'administration américaine, et émettaient la thèse d'un complot ourdi par le Gouvernement ou des services secrets. Notre comédien ajoutait que les vidéos étaient troublantes, les arguments étayés, et commenté ces documents, etc, etc, bref, il exprimait la possibilité d'un doute, voire la nécessité de se poser des questions. Mais Paul et Mickey l'ont entendu et tous les esprits subtils ont goûté la joie de traiter Jean-Marie Bigard de révisionniste ou autre négationniste. Tant et si bien que le comédien a du se fendre d'un communiqué à l'AFP par lequel il "demandait pardon aux gens qu'il avait blessés", montrant par là qu'il est un authentique chrétien (contrairement à tout un tas de grenouilles de bénitier qui n'en ont que l'allure).
M'est avis qu'il aurait dû ajouter "merde aux autres".
On a connu au début de l'été les flics chinois qui faisaient leur boulot de flic chinois sur les Champs Elysées, on ne pouvait pas faire moins pour la pensée commune américaine. Mettre en doute le Gouvernement Bush en imaginant un scénario dans lequel il serait impliqué voire même l'instigateur des attentats du 11 septembre (ce qui semblerait accentuer l'horreur de l'événement) est donc interdit. Moralement interdit. Y a de quoi se mettre à chanter du Florent Pagny !
Et pourquoi aussi, ce con de scientifique qui fait peur a-t-il implanté des neurones de mouton !
Imaginons un scientifique qui fait peur. Il décide de créer un être neuf. Muni de tout ce qui fait un humain, des pattes, un corps avec des organes élégants ou des viscères dégueulasses dedans. Et une tête. Mais une tête bidouillée. Une tête qui réfléchirait bien. Comme un ordinateur. Ça tombe bien, la mode est aussi aux ordinateurs. Un ordinateur dans la majeure partie des cas, ça fonctionne avec des Oui et des Non. Pas d'alternative, Oui ou Non. Ya pas à tortiller, suçoter son crayon, hésiter, tergiverser, c'est Oui ou Non. Entre les deux, basta y a pas ! Ou on court à l'erreur système.
Bien. Nous avons notre être neuf avec ses viscères, ses pattes et sa tête toute neuve, binaire. Le scientifique qui fait peur y a implanté deux neurones qu'il a récupéré dans un loinquet. Un neurone pour le Oui, un pour le Non. Puis on y enfourne des idées, des images, des mots. On lui donne de l'événement. Du lourd. L'événement est tellement monstrueux que la tête à deux neurones a du mal à réaliser ce qu'elle voit sur le petit écran. On lui explique ce qui se passe. On lui donne des noms à épingler sur ceux qui agitent ses sentiments. Malheureuses victimes, assassins sanguinaires, fous, peuple, gouvernement, administration, Etat, état voyou, terroristes.
L'événement est tellement monstrueux que l'on veut le voir, le revoir, encore et encore, du moins c'est ce qu'on semble penser dans les chaînes de télé qui passent en boucle l'événement à longueur d'émissions exceptionnelles intitulées "Spécial 11 septembre" ou "Spécial attentats". Donc, on le voit, on le revoit, encore et encore. A chaque fois, la même horreur, les mêmes mots, les mêmes commentaires. L'événement est devenu fondamental. La version de l'événement que l'on connaît par cœur est la même que celle de notre voisin, et de tous les voisins du monde. A quelques exceptions près. Parmi lesquelles les terroristes et ceux qui les soutiennent, ainsi que les idiots ou les distraits qui lors de l'effondrement des Twin Towers attendaient l'apparition de Bruce Willis et se disaient que le film était bien long à démarrer. Concernant le 11 septembre, on peut tabler sur une certaine pensée commune. On considère l'événement dans son intégralité, commentaires et analyses compris. Il serait bien inconvenant par égard pour les victimes de parler de logique, étant donné la politique de domination qu'ont toujours menée les Etats-Unis sur le reste du monde. Il serait bien inconvenant de ne pas être sidéré, bouleversé, désespéré, triste à jamais.
Pour évacuer toutes les larmes et les cauchemars, on va faire appel à la solennité. A la religion aussi. Faire bloc. Et par la même occasion, porter face à face Islam et Christianisme. Il serait bien inconvenant de mettre sur un même plan ces religions. Il faut marquer les choses. Le bien et le mal. Le barbare, le civilisé.
Devenant une référence absolue de l'horreur, l'événement entre dans le sacré.
Avec sa sacralisation, le 11 septembre est devenu un tabou. Non pas qu'il soit interdit d'en parler. Il est interdit de sortir du chemin intellectuel et moral tracé. Seule n'ont droit de citer que la version, l'analyse et le commentaire de l'Etat, relayés par les médias. Pas de place pour le détail. Il faut tout prendre ou risquer de passer pour un salaud et affronter un procès en sorcellerie, modern' style.
Pourtant, Jean-Marie Bigard n'est pas un salaud.
L'humoriste scatholique, dans l'émission de radio de Laurent Ruquier sur Europe 1 a – je l'ai entendu – raconté que des gens diffusaient sur Internet (et ailleurs) des documents visant à réfuter ce que dit l'administration américaine, et émettaient la thèse d'un complot ourdi par le Gouvernement ou des services secrets. Notre comédien ajoutait que les vidéos étaient troublantes, les arguments étayés, et commenté ces documents, etc, etc, bref, il exprimait la possibilité d'un doute, voire la nécessité de se poser des questions. Mais Paul et Mickey l'ont entendu et tous les esprits subtils ont goûté la joie de traiter Jean-Marie Bigard de révisionniste ou autre négationniste. Tant et si bien que le comédien a du se fendre d'un communiqué à l'AFP par lequel il "demandait pardon aux gens qu'il avait blessés", montrant par là qu'il est un authentique chrétien (contrairement à tout un tas de grenouilles de bénitier qui n'en ont que l'allure).
M'est avis qu'il aurait dû ajouter "merde aux autres".
On a connu au début de l'été les flics chinois qui faisaient leur boulot de flic chinois sur les Champs Elysées, on ne pouvait pas faire moins pour la pensée commune américaine. Mettre en doute le Gouvernement Bush en imaginant un scénario dans lequel il serait impliqué voire même l'instigateur des attentats du 11 septembre (ce qui semblerait accentuer l'horreur de l'événement) est donc interdit. Moralement interdit. Y a de quoi se mettre à chanter du Florent Pagny !
Et pourquoi aussi, ce con de scientifique qui fait peur a-t-il implanté des neurones de mouton !
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