Hibernation : je me tâte
Pas de nouveau billet depuis un bout. Pas trop le temps. Cessons de se voiler la face, je n'ai pas l'inspiration en ce moment. Non pas que les sujets de deverser ma bile manquent, mais les
problèmes de maison, de boulot, maux de dents, etc., me grignotent l'enthousiasme. Et novembre. Période où j'ai quelques velléités d'hibernation.
Soit dit en passant, les problèmes de boulot, en général se résument à des problèmes d'employeurs. Qui tirent sur la corde. Qui vous payent avec un élastique. Qui ne donnent pas satisfaction au plus petit désir de faire valoir ses droits. Qui font ce qu'ils veulent avec votre modeste personne. Qui vous laissent apprendre à travers l'éditorial que vous corrigez que le canard pour lequel vous bossez s'arrêtera de paraître dès que le numéro que vous êtes en train de faire sera achevé.
Savent vous demander votre disponibilité, mais dès qu'il s'agit de répondre à vos questions, celles qui concernent votre avenir, les téléphones sont silencieux. Les touches de claviers semblent inaccessibles aux doigts des décideurs.
L'écoute de la radio, pour ceux qui, vendant leur maison en période de crises bancaire et immobilière, sont allés il y a un an demander un prêt relais auprès d'une banque, pouvait rassurer un chouia. Ne clamait-on pas, il y a peu encore, que le prêt relais pouvait s'étaler sur deux ans ? On avait tort d'y croire. Le Crédit Mutuel ne l'entend pas de cette oreille. Il ramène le délai pour trouver un acheteur de 24 mois à 18. Chouette nouvelle, non ? Et avec exigence de fournir les preuves de votre bonne volonté pour la vente de votre bien.
L'Amérique élit un métis à la Maison blanche. Des imbéciles de l'autre côté de l'océan – le nôtre – ne voient que la couleur de sa peau et réjouis de cette véritable avancée symbolique osent enfin ne plus dire qu'il est "black" mais noir, et sont prêts à se crier qu'"aujourd'hui, nous sommes tous des Américains". Je l'ai entendu, à la radio. Formule à l'emporte-pièce du genre "nous sommes tous des Juifs Allemands..." qu'avait lancée Cohn-Bendit, tout comme au lendemain du 11 septembre, d'autres l'avaient affirmé pour exprimer leur compassion avec ce rien de définitive grandiloquence.
Non, non.
Annonce de la remontée inexorable du chômage. Pour les réclamations, prière de s'adresser à Dexia, BNP-Paribas, LCL, CA, CIC, Caisse d'épargne, etc., la liste est longue.
Les économistes qui hier n'avaient que croissance et libéralisme à la bouche, qui fustigeaient l'interventionnisme de l'Etat, cherchent à nous persuader qu'ils avaient prévu la crise. Mieux, qu'ils nous avaient alertés. las, personne ne les avait entendus. Que c'est dur d'avoir tout le temps raison ! Dès que l'on remplit certaines fonctions, dès que l'on touche un certain salaire, que l'on peut s'ennorgueillir d'un certain titre, on ne se trompe plus. L'erreur, c'est bien ce qui caractérise les heureux détenteurs de bas salaires, le vulgum pecus. Le blaireau, celui dont on peut tout exiger, pourvu qu'on le brosse dans le sens du poil, lui laissant croire qu'il a un quelconque poids.
Le budget de l'Elysée explose en frais de communication. Quand pendra-t-on le dernier conseil en marketing avec les tripes du dernier publicitaire ? Thierry Sauzet voudrait que la télé de service public, bientôt sans pub, aménage une plage horaire périodique pour la communication gouvernementale. Nous prendrait-on pour des cons ? En définitive, ne le serions-nous pas ?
Annonce de la remontée inexorable du chômage, donc ; suivant la vieille recette de la gauche, l'Etat va créer de l'aide à l'emploi. Bonne nouvelle ? Ne nous emballons pas. Personne n'a parlé d'aider les gens qui n'ont pas d'emploi ou ont perdu le leur. On aidera les entreprises, qui si elles veulent bien, embaucheront quelques chômeurs pendant quelques temps, avant de les rendre à la précarité. Les chiffres resteront. Les entreprises et les banques qui n'auront pas joué le jeu seront taxées... de vilaines à l'occasion d'un futur discours à forte teneur en flatterie du petit peuple. La victoire sera éclatante. Et on recommencera le couplet sur l'assistanat du fainéant de chômeur, sur le coût exorbitant du fonctionnaire (du petit fonctionnaire) et de la nécessité de rompre avec cette sale habitude qu'ont les Français de tenir à leur système social.
A ce propos, ceux qui le désirent – à moins que l'on ajoute à ceux-là les gens qui ne pourront faire autrement – pourront travailler jusqu'à soixante-dix ans. C'est une juste reconnaissance de la liberté, quoi.
Et on voudrait que j'hésite à hiberner !
Soit dit en passant, les problèmes de boulot, en général se résument à des problèmes d'employeurs. Qui tirent sur la corde. Qui vous payent avec un élastique. Qui ne donnent pas satisfaction au plus petit désir de faire valoir ses droits. Qui font ce qu'ils veulent avec votre modeste personne. Qui vous laissent apprendre à travers l'éditorial que vous corrigez que le canard pour lequel vous bossez s'arrêtera de paraître dès que le numéro que vous êtes en train de faire sera achevé.
Savent vous demander votre disponibilité, mais dès qu'il s'agit de répondre à vos questions, celles qui concernent votre avenir, les téléphones sont silencieux. Les touches de claviers semblent inaccessibles aux doigts des décideurs.
L'écoute de la radio, pour ceux qui, vendant leur maison en période de crises bancaire et immobilière, sont allés il y a un an demander un prêt relais auprès d'une banque, pouvait rassurer un chouia. Ne clamait-on pas, il y a peu encore, que le prêt relais pouvait s'étaler sur deux ans ? On avait tort d'y croire. Le Crédit Mutuel ne l'entend pas de cette oreille. Il ramène le délai pour trouver un acheteur de 24 mois à 18. Chouette nouvelle, non ? Et avec exigence de fournir les preuves de votre bonne volonté pour la vente de votre bien.
L'Amérique élit un métis à la Maison blanche. Des imbéciles de l'autre côté de l'océan – le nôtre – ne voient que la couleur de sa peau et réjouis de cette véritable avancée symbolique osent enfin ne plus dire qu'il est "black" mais noir, et sont prêts à se crier qu'"aujourd'hui, nous sommes tous des Américains". Je l'ai entendu, à la radio. Formule à l'emporte-pièce du genre "nous sommes tous des Juifs Allemands..." qu'avait lancée Cohn-Bendit, tout comme au lendemain du 11 septembre, d'autres l'avaient affirmé pour exprimer leur compassion avec ce rien de définitive grandiloquence.
Non, non.
Annonce de la remontée inexorable du chômage. Pour les réclamations, prière de s'adresser à Dexia, BNP-Paribas, LCL, CA, CIC, Caisse d'épargne, etc., la liste est longue.
Les économistes qui hier n'avaient que croissance et libéralisme à la bouche, qui fustigeaient l'interventionnisme de l'Etat, cherchent à nous persuader qu'ils avaient prévu la crise. Mieux, qu'ils nous avaient alertés. las, personne ne les avait entendus. Que c'est dur d'avoir tout le temps raison ! Dès que l'on remplit certaines fonctions, dès que l'on touche un certain salaire, que l'on peut s'ennorgueillir d'un certain titre, on ne se trompe plus. L'erreur, c'est bien ce qui caractérise les heureux détenteurs de bas salaires, le vulgum pecus. Le blaireau, celui dont on peut tout exiger, pourvu qu'on le brosse dans le sens du poil, lui laissant croire qu'il a un quelconque poids.
Le budget de l'Elysée explose en frais de communication. Quand pendra-t-on le dernier conseil en marketing avec les tripes du dernier publicitaire ? Thierry Sauzet voudrait que la télé de service public, bientôt sans pub, aménage une plage horaire périodique pour la communication gouvernementale. Nous prendrait-on pour des cons ? En définitive, ne le serions-nous pas ?
Annonce de la remontée inexorable du chômage, donc ; suivant la vieille recette de la gauche, l'Etat va créer de l'aide à l'emploi. Bonne nouvelle ? Ne nous emballons pas. Personne n'a parlé d'aider les gens qui n'ont pas d'emploi ou ont perdu le leur. On aidera les entreprises, qui si elles veulent bien, embaucheront quelques chômeurs pendant quelques temps, avant de les rendre à la précarité. Les chiffres resteront. Les entreprises et les banques qui n'auront pas joué le jeu seront taxées... de vilaines à l'occasion d'un futur discours à forte teneur en flatterie du petit peuple. La victoire sera éclatante. Et on recommencera le couplet sur l'assistanat du fainéant de chômeur, sur le coût exorbitant du fonctionnaire (du petit fonctionnaire) et de la nécessité de rompre avec cette sale habitude qu'ont les Français de tenir à leur système social.
A ce propos, ceux qui le désirent – à moins que l'on ajoute à ceux-là les gens qui ne pourront faire autrement – pourront travailler jusqu'à soixante-dix ans. C'est une juste reconnaissance de la liberté, quoi.
Et on voudrait que j'hésite à hiberner !
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