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La grande classe

Publié le par L'ours

La vieillesse est un naufrage avait dit De Gaulle. Un autre ancien président de la République, ci-présent académicien illustre à merveille cette citation du vieux général. Car non content de compter parmi les immortels, ce malfaisant se pique de publier des livres. Le passage avait valu cette aimable critique de son condisciple sous la coupole Jean-Marie Rouart : c'est le Grand Meaulnes qui aurait croisé Bécassine. Le Verchuren des éboueurs recevait ainsi le jour de son intronisation à l'académie de la part d'un véritable littéraire, un habit qui le rendrait vert pour le reste de son long hiver. Le dernier parpaing à son œuvre littéraire vaut, paraît-il, son pesant de cacahuètes. Cela s'appelle La princesse et le président et narre à la première personne la relation sentimentale qu'aurait eue un président de la République français réélu (ce n'est donc pas autobiographique) avec une princesse originaire du Pays de Galles dans les années 80.

Quoi donc, s'interroge l'homme de la rue ? Cet homme-là aurait eu pour maîtresse cette femme-là ! Et il ne parvient pas à y croire, l'homme de la rue. Jadis il avait douté de l'efficacité des avions qui reniflaient le pétrole et s'était ému qu'un président pût assister au couronnement impérial de Jean-Bedel Bokassa, grand pourvoyeur de diamants et délicat gourmet.

Que la fiction soit complète ou non n'est guère un problème. Ce n'est même pas intéressant. Souvent le vieillard auvergnat se nourrit de fantasmes libidineux dans lesquels il tient le beau rôle et aime à faire croire que sa vigueur fait naître des sources de fleuves majestueux.

Qu'il ose ne serait-ce que faire croire qu'une jeune femme fraîche et ravissante comme Diana succombe aux charmes d'un vieux coq déplumé n'est pas très gracieux. Déjà, se taper le Charles of Windsor, ce ne devait pas être du mille-feuilles – mais s'encanailler en loucedé avec du châtelain de réforme, c'est plus de la folie sexuelle, c'est de la gérontophilie dégoutante de premier ordre, du masochisme vicelard de haute volée. Faut aimer se faire souiller à pas oser se regarder dans une glace. Tu imagines le réveil ? C'est un rêve pour anorexique. Plus efficace que l'ipéca, la narcisse ou la noix vomique. Imparable.

Mais si par extraordinaire le roman n'en était pas un et que l'ancien président et la défunte princesse aient effectivement passé de douces heures à savourer leurs amours extra-conjugales, ces révélations apportent la preuve que notre grand homme a la grande classe d'un grand aristocrate.

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