Une date à marquer d'une pierre noire
Le 28 aôut est le genre de date dont il faut se rappeler. On peut le faire parce qu'en l'an 1937 naquit un bon gars, qui hélas nous a quittés. Qui n'avait pas sa langue dans sa poche et qui disait comme il l'entendait les choses qu'il avait à dire, ses colères et ses rêves. Mieux, il les chantait : François Béranger.
On peut le faire également parce que ce même jour de l'année 1940, l'armistice était signée depuis moins de deux mois, un joli bébé venait au monde, un monde qui lui paraîtrait désespérant, trop petit pour ses rêves, qui fut un ami de boisson certains soirs dans ce pub irlandais, rue de la Santé, tenu par un gars qui collectionnait les syphons en verre, bouteilles d'eau de Seltz, l'eau à ressort. A consommer abondamment dans le peg ! Et comme il buvait bien, qu'il était déchirant ! C'était beau et triste à mourir. Philippe Léotard lui aussi nous a quittés. Je revois cette image de lui, un matin, portant son enfant sur ses épaules, il avait l'air heureux.
Mais le 28 août est ce jour où un nègre parla dans un micro, outre-Atlantique, qui ne mâchait pas ses mots et faisait partager son rêve. Un rêve d'égalité, de justice, de liberté, de fraternité. Il y parlait de ses enfants, ce bon pasteur, mais l'écho était universel.
Let freedom ring...
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