Jai changé
" Jai changé " , déclarait, il y a quelques temps déjà, un Nicolas Sarkozy, fraîchement investi par son parti pour la candidature à lélection présidentielle.
Du coup, les racailles ont ete remisées avec le karcher ainsi que les crocs de boucher promis aux instigateurs de laffaire Clearstream.
La voix de notre césarillon de Neuilly passée à ladoucisseur et le ralentissement de son tempo semblent apaiser le ton du ministre candidat de lIntérieur. Il ne sort plus quen tutoyant Jaurès et tapant familièrement lépaule de Léon Blum.
Hier soir, Jean-Marie Le Pen était linvité dArlette Chabot pour son émission "A vous de juger". "Il a changé" depuis quil ne lance plus de calembours douteux, quil ne se mêle plus de hiérarchiser les souffrances historiques, ni ne fait le coup de poing avec des élus récalcitrants. Il ne sort plus quaccompagné de son histoire familiale personnelle qui le démarque de létablissement politique énarquisant qui fait nos délices quotidiennes.
Ce qui ne change pas, cest cet appétit féroce du pouvoir qui les anime, cette constance à vouloir gagner quelles que soient les circonstances.
Mais quiconque réclame un pouvoir ne cherche à lexercer que pour son bénéfice personnel financier ou psychologique que le motif soit lexcellence de la gestion du pays, la nécessité sociale de ses habitants, ou la défense patriotique de la nation. Enfin que sa quête sappuie sur telle ou telle idéologie, cela ne change rien, lhomme qui conquiert le pouvoir, le conquiert pour lui-même. Il sen donne (ou sen octroie) suffisamment les moyens.
Aujourdhui, France Inter consacre une journée à lhôpital psychiatrique. A Sainte-Anne (Paris), les murs de lasile que dénonçaient Roger Gentis* sont tombés ou en cours de démolition. Lenfermement des malades, qui ressemblait farouchement à celui des prisonniers, na plus sa place à lhôpital. Il est vrai quon a fait le cheminement inverse en laissant croupir dans nos prisons des gens qui auraient davantage besoin de soins psychiatriques.
Lhôpital a changé. Lui donne-t-on vraiment tous les moyens nécessaires, quand on constate une pénurie de soignants et la fermeture de lits pas uniquement due à la promulgation de soins à domicile.
Enfin, le tableau pathologique naurait-il pas besoin dun petit coup de neuf. Aux dépressions de longue durée, aux psychoses maniaco-dépressives paranoïaques et schyzophréniques, aux névroses obsessionnelles graves, ne conviendrait-il pas dajouter la soif inextinguible de pouvoir?
Et cet autisme dont certains font preuve à ne pas reconnaître qu'ils ont été élus davantage par dépit que par adhésion à eux-même et à agir durablement comme s'ils étaient investis à l'unanimité d'une mission qui leur est personnelle.
* Les murs de lasile, Roger Gentis ; 1977, Maspéro
Du coup, les racailles ont ete remisées avec le karcher ainsi que les crocs de boucher promis aux instigateurs de laffaire Clearstream.
La voix de notre césarillon de Neuilly passée à ladoucisseur et le ralentissement de son tempo semblent apaiser le ton du ministre candidat de lIntérieur. Il ne sort plus quen tutoyant Jaurès et tapant familièrement lépaule de Léon Blum.
Hier soir, Jean-Marie Le Pen était linvité dArlette Chabot pour son émission "A vous de juger". "Il a changé" depuis quil ne lance plus de calembours douteux, quil ne se mêle plus de hiérarchiser les souffrances historiques, ni ne fait le coup de poing avec des élus récalcitrants. Il ne sort plus quaccompagné de son histoire familiale personnelle qui le démarque de létablissement politique énarquisant qui fait nos délices quotidiennes.
Ce qui ne change pas, cest cet appétit féroce du pouvoir qui les anime, cette constance à vouloir gagner quelles que soient les circonstances.
Mais quiconque réclame un pouvoir ne cherche à lexercer que pour son bénéfice personnel financier ou psychologique que le motif soit lexcellence de la gestion du pays, la nécessité sociale de ses habitants, ou la défense patriotique de la nation. Enfin que sa quête sappuie sur telle ou telle idéologie, cela ne change rien, lhomme qui conquiert le pouvoir, le conquiert pour lui-même. Il sen donne (ou sen octroie) suffisamment les moyens.
Aujourdhui, France Inter consacre une journée à lhôpital psychiatrique. A Sainte-Anne (Paris), les murs de lasile que dénonçaient Roger Gentis* sont tombés ou en cours de démolition. Lenfermement des malades, qui ressemblait farouchement à celui des prisonniers, na plus sa place à lhôpital. Il est vrai quon a fait le cheminement inverse en laissant croupir dans nos prisons des gens qui auraient davantage besoin de soins psychiatriques.
Lhôpital a changé. Lui donne-t-on vraiment tous les moyens nécessaires, quand on constate une pénurie de soignants et la fermeture de lits pas uniquement due à la promulgation de soins à domicile.
Enfin, le tableau pathologique naurait-il pas besoin dun petit coup de neuf. Aux dépressions de longue durée, aux psychoses maniaco-dépressives paranoïaques et schyzophréniques, aux névroses obsessionnelles graves, ne conviendrait-il pas dajouter la soif inextinguible de pouvoir?
Et cet autisme dont certains font preuve à ne pas reconnaître qu'ils ont été élus davantage par dépit que par adhésion à eux-même et à agir durablement comme s'ils étaient investis à l'unanimité d'une mission qui leur est personnelle.
* Les murs de lasile, Roger Gentis ; 1977, Maspéro
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